samedi, avril 26, 2008

 

Ma position sur les accommodements - 31 janvier 2007

Lors des dernières semaines, la population québécoise a été témoin de certaines différentes mesures destinées à minimiser la discrimination dont pourrait être victime une minorité à l'intérieur de la société canadienne, que l’on nomme tout bonnement accommodement raisonnable.

Lors d’un récent courriel venant de la part des médias locaux, on m’a demandé, moi Francis Chartrand, dernier candidat du NPD dans Rivière-des-Mille-Ïles, qu’elle était ma position fasse à ce sujet fort controversé. Attendu que la position du NPD, tout comme les autres partis fédéraux, est flexible dans cette matière, je parlerai donc en tant que citoyen soucieux de Deux-Montagnes et non pas un politicien.

En matière de relation de travail, la
Cour Suprême du Canada définit, dès 1985, la portée de cette norme : « L'obligation dans le cas de la discrimination par suite d'un effet préjudiciable, fondée sur la religion ou la croyance, consiste à prendre des mesures raisonnables pour s'entendre avec le plaignant, à moins que cela ne cause une contrainte excessive: en d'autres mots, il s'agit de prendre les mesures qui peuvent être raisonnables pour s'entendre sans que cela n'entrave indûment l'exploitation de l'entreprise de l'employeur et ne lui impose des frais excessifs. »

Bien que l'expression « accommodement raisonnable » date des années 1980 en droit canadien, cette notion a pris de l'importance en 2002 suite à une affaire mettant en jeu un jeune sikh souhaitant porter un kirpan dans une école québécoise. Pour les autorités de l'école, le kirpan est une arme, alors que pour la communauté sikh, il s'agit d'un symbole religieux.

En effet, d'un côté, le port d'arme blanche en public ou dans un lieu public, dissimulée ou non, est généralement interdit au Québec, (sauf en forêt ou en milieu forestier), alors que la Charte Canadienne des Droits et Libertés reconnaît le droit de pratiquer librement sa religion. Devant le refus de l'école d'accommoder le jeune sikh et une poursuite judiciaire, les médias ont commencé à s'intéresser à l'affaire.

Devant le refus de l'école d'accommoder le jeune sikh et une poursuite judiciaire, les médias ont commencé à s'intéresser à l'affaire. À l'issue du procès, médiatisé, le jeune sikh a pu porter à l'école un kirpan dans un fourreau de bois placé à l'intérieur d'un sac d'étoffe cousu de manière à ne pouvoir être ouvert. Il est cependant important de noter que la Cour suprême, dans cette décision, n'utilise que par analogie la notion d'accommodement raisonnable, puisque la Charte Canadienne des Droits et Libertés traite plutôt état des "limites raisonnables" aux droits fondamentaux. Il est aussi surprenant de constater que la Cour Suprême a maintenu l'interdiction de porter le kirpan dans les tribunaux et dans les aéronefs!

En 2006, au Québec, la notion d'accommodement raisonnable a pris de l'ampleur pour diverses raisons : croissance économique, croissance démographique et intégration des handicapés et des minorités ethniques ou religieuses à l'intérieur des institutions. Elles remettent en question ce qui est appelé le modèle québécois. Voyons, par exemple, ce qu'il en est avec la politique immigratoire.

Dans le but d'augmenter la population active, le Québec poursuit une politique favorable à la venue d'immigrants. À cause de la prédominance de la langue française, ils proviennent surtout des Antilles et du sud de la Méditerrané. Or, les Maghrébins (Algérie et Maroc) sont majoritairement d’origine musulmane et certains d’entre eux pratiquent activement leur religion, malgré le fait qu’ils se déclarent à près de 85% laïcs.

Une minorité d’entre eux réclament le respect de leurs droits religieux, ce qui cause, on le saura tous, un certain inconfort parmi la population qui, elle, est majoritairement d’origine chrétienne, et, elle aussi laïque à plus de 90%. Les autorités gouvernementales tentent par divers moyens, lois, politiques et campagnes d'éducation, d'éliminer les barrières à leur intégration.

Or, suite à certaines demandes et requêtes, de la part de groupes ethniques ou religieux, considérées par les médias et la masse comme étant excessives, dérangeantes et, parfois, contre les valeurs et les acquis des Québécois, et qui, parfois ont heurté la liberté de certains individus, dont bien des regroupements de femme, n’ayant aucun lien avec les groupes en question, le terme « accommodement raisonnable » a acquis un connotation souvent péjorative, voir parfois menaçante envers certains héritages québécois.

Il faut ajouter que, depuis 2006, l'expression est galvaudée. Ainsi, plusieurs médias ont décrit comme étant une mesure d'accommodement raisonnable le fait que les vitres d'une salle d'exercices où s'entraînaient des femmes en tee-shirt
et en short, aient été givrées à la demande d'un groupe de juifs hassidiques.

D’autres actions plus dérangeantes, comme à Sainte-Thérèse, où les infirmières devaient porter des manches longues et des pantalons longs en milieux de travail même en période de canicule, demande venant aussi d’un groupe de juifs hassidiques de Boisbriand.

Puis certains citoyens se souviendront qu’en septembre, dans certaines écoles secondaires publiques des Basses-Laurentides, une tournée de divers organismes comme Chasteté Québec, et d’innombrables groupes fondamentalistes suscitant l’« isolation » des femmes en milieu de travail et dans la vie familiale.

Et finalement le cas d’une école secondaire dans Lanaudière aura pour lieu de choquer toute une communauté dans les environs de Sainte-Julienne, lorsque l’école se vit placée en position d’ « accommodement raisonnable » lorsqu’on demanda une sévère restructuration du code vestimentaire de l’école après qu’une communauté religieuse évangéliste dont seulement 2,4 % des étudiants sont membres, dans la plus plate excuse de maintenir les « jeunes garçons de la communauté » dans le droit chemin de la chasteté loin du vice de la tentation du plaisir la chair.

Après tous ces cas énumérés, pourquoi devons-nous imposés 95 % de la population laïque à 5 % de fondamentalistes religieux, qu’elle que soit la religion, certains changements de procédés ? Comme moi, bien des gens n’iront pas enfermer leur future femme ou leurs filles dans la garde-robe pour les caprices de quelque psaumes ou versets de quelque soit l’ouvrage religieux.

Nous devons maintenir notre tolérance envers le multiculturalisme et la diversité, et ne pas tomber dans le piège du racisme et de l’intégrisme. Mais l’intégrisme religieux au Canada n’a pas sa place.

Libellés : , , , , , ,


This page is powered by Blogger. Isn't yours?

S'abonner à Messages [Atom]