dimanche, mai 24, 2009

 

Quand féminisme rime avec islamisme, par Richard Martineau

Richard Martineau
Journal de Montréal
12/05/2009 08h09

Si je me fie aux nombreux courriels que j'ai reçus hier, je ne suis pas le seul à trouver scandaleux la décision qu'a prise la Fédération des femmes du Québec de permettre le port du voile dans la fonction publique.

Plusieurs lectrices m'ont écrit pour me dire qu'elles ne se reconnaissent plus du tout dans cet organisme gnan-gnan qui fustige Madonna mais fait la carpette devant les extrémistes qui préconisent le port du voile.

LA CASE DÉPART

«J'ai vécu la révolution tranquille et l'émancipation de la société québécoise du joug de la religion, m'a écrit la psychologue Louise Champagne. Or, nous revoilà à la case départ! Cette fois, ce n'est pas le catholicisme, mais l'islamisme qui vient écraser les femmes et les forcer à porter le voile.

«Quand je regarde ce qui se passe actuellement, je me dis que comparativement au Québec contemporain, qui est engourdi par le discours somnifère de la tolérance, le Québec catholique d'antan respirait la démocratie et la liberté d'opinion.

«Après avoir levé la tête en signe de libération, je constate que le mal religieux est revenu hanter les jeunes femmes. Où est le respect des anciennes combattantes et de notre histoire? Nos combats n'en valaient-ils pas la peine? 'Comment expliquer ce dérapage ?'»

Permettez-moi de proposer un début de réponse à la dernière question.

LES DEUX FÉMINISMES

On parle souvent DU féminisme. Mais en fait, il y a DES féminismes.

Un féminisme émancipateur, ludique et joyeux qui refuse de voir l'homme comme un ennemi et célèbre haut et fort la sexualité féminine - branche «humide» représentée par des écrivaines comme Nancy Friday, Erica Jong, Susie Bright, Simone De Beauvoir et Camille Paglia.

Et un féminisme puritain et dogmatique qui déteste profondément la sexualité et voit dans tout sous-vêtement affriolant un outil de soumission - branche «sèche» représentée par des auteures comme Andrea Dworkin et Catherine Mackinnon, deux féministes pures et dures qui considéraient toute relation sexuelle vaginale comme un viol.

Sur quelle branche est assise la FFQ ? Poser la question, c'est y répondre.

LES PURITAINES

En mai 2008, la FFQ a publié un avis sur «le sexe dans les médias». L'avez-vous lu ?

Faites une recherche sur Internet et parcourez ce document, ça en vaut la peine.

Plus puritain que ça, tu portes le voile. C'est bien simple, certains passages semblent tout droit sortis du Coran.

Toute image un tant soit peu sexy ou suggestive est considérée comme de la porno. Les jeunes filles veulent se maquiller ? Influence de la pornographie ! Elles tripent sur Christina Aguilera ? Hypersexualisation !

On a l'impression que pour le clergé en jupon de la FFQ, il y a deux types de femmes : les mauvaises qui (scandale !) veulent séduire, et les bonnes qui s'habillent comme les petites soeurs du Bon Pasteur.

C'est EXACTEMENT le discours tenu par les islamistes. Les bonnes filles se voilent et font preuve de pudeur.

Les autres sont des traînées.

AU NOM DE QUI?

L'organisme dirigé par Michèle Asselin s'appelle la Fédération des femmes du Québec. Mais il n'est pas plus représentatif de ce que pensent «les femmes du Québec» que La ligue des noirs du Québec n'est représentative de ce que pensent «les Noirs du Québec».

La FFQ ne parle pas au nom «des femmes». Elle parle au nom de ses membres et de ses dirigeantes, point.

Et malheureusement, comme nous le savons tous, qui s'assemblent se ressemblent.

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