dimanche, septembre 05, 2010

 

Les chiens de guerre, par Richard Martineau


Richard Martineau
02/09/2010 07h14

Avant-hier, j'étais en Normandie, sur la plage Juno, à Courseulles-sur-Mer, là où des milliers de soldats canadiens et québécois sont débarqués le 6 juin 1944 pour aller libérer l'Europe et botter le cul des nazis.

J'y suis allé pour y tourner un reportage dont je vous parlerai le jour de sa diffusion à Télé-Québec.

Héros et salaud

J'y ai rencontré deux Normands qui, chacun à sa façon, ont connu la guerre de près.

Le fils d'un résistant français recherché par la Gestapo qui a perdu son père et sa mère le jour même du Débarquement (ils ont été tués par les bombardements alliés).

Et un militaire bardé de médailles qui a fait la guerre d'Algérie.

Les deux m'ont parlé (à micro fermé) de Charles de Gaulle.

Pour le premier, le grand Charles était un héros qui a mené le peuple français à la victoire. Pour le second, c'était un salaud qui a trahi les militaires français en accordant l'indépendance à l'Algérie.

Deux hommes, deux facettes de la même personne.

Les deux guerres

Deux facettes de la guerre, aussi. Comme m'a lancé l'ancien combattant d'Algérie, qui est revenu du front la tête basse, «la guerre dans les Aurès n'avait rien de comparable à la Seconde Guerre. C'était une guerre sale. Nos ennemis ne portaient pas d'uniforme, ils étaient partout, il n'y avait pas de front, pas de règle, c'était la guérilla....»

Et contrairement aux combattants de 1944, les vétérans de la «guerre sans nom» ne revenaient pas chez eux sous les applaudissements, mais dans un silence honteux lourd de reproches.

On les soupçonnait tous d'être racistes, d'avoir torturé et croqué du «bougnoule»...

Tableau d'honneur

Devant le Centre Juno, le Musée rendant hommage aux soldats canadiens qui ont libéré la Normandie, on trouve des colonnes austères où apparaissent les noms des combattants...

Certains ont participé au Débarquement, d'autres ont fait la campagne d'Italie ou ont occupé Berlin.

On y trouve aussi les noms de militaires canadiens morts au combat pendant l'actuelle guerre en Afghanistan.

Les soldats de la Deuxième Guerre sont revenus du front avec le sentiment du travail accompli. Ils avaient une mission à remplir, et ils l'ont remplie. Les proches de ceux qui sont tombés sous les balles des nazis peuvent se consoler en se disant que leur fils, leur frère ou leur soeur ne sont pas morts pour rien.

Le jugement de l'histoire

Mais qu'en est-il des anciens combattants d'Irak ou d'Afghanistan? À quoi ont servi ces morts, ces sacrifices?

Non seulement la région est-elle toujours aussi instable, mais Ben Laden court toujours et la mouvance islamiste est aussi dangereuse, sinon plus.

On pourrait même dire que ces guerres impopulaires auront servi à nourrir le mouvement djihadiste plutôt qu'à l'éteindre.

«Je ne suis pas contre toutes les guerres. Seulement contre les guerres idiotes», a déjà dit Barack Obama.

Je me demande comment l'Histoire jugera celle que mènent actuellement les États-Unis et le Canada...

Sport idiot

Après le car surfing, les jeunes écervelés ont inventé un nouveau sport : le balconing. Il s'agit de plonger dans une piscine depuis le balcon de votre chambre d'hôtel.

Depuis le début de l'année, neuf touristes sont morts aux Baléares.

On n'arrête pas le progrès...

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