jeudi, mars 05, 2009
Intense journée de lobbying de la Fédération canado-arabe au Parlement demain, par Jessica Leblanc
La Fédération canado-arabe (FCA), dont le président Khaled Mouammar s’est récemment fait connaître pour avoir traité plusieurs ministres de « putes professionnelles », coordonnera demain une journée de lobbying auprès des parlementaires à Ottawa.
Hier, nous avons transmis le message reproduit plus bas à tous les députés fédéraux pour les inviter à faire preuve de diligence dans l’affectation des deniers publics. La FCA vit essentiellement de nos impôts, ayant reçu plus de deux million $ en subventions au cours des deux dernières années seulement.
Pour les raisons suivantes, nous croyons que la FCA ne mérite pas de recevoir notre argent, ni même d’être un interlocuteur crédible du gouvernement dans ses relations avec les communautés que la FCA prétend représenter :
la FCA offre des cours aux nouveaux arrivants pour faciliter leur insertion dans la société. Selon le témoignage d’une musulmane qui a assisté à ces cours, et citée par Margaret Wente, les immigrants se font dire que le Canada est un pays « horrible » et « profondément raciste et injuste ». C’est de la diffamation, pour ne pas dire de la propagande haineuse envers la société qui les accueille, ce qui n’est certainement pas de nature à favoriser le « vivre-ensemble », bien au contraire.
la FCA a célébré son 40e anniversaire en 2007. Pour marquer cet événement, la FCA a organisé un gala où elle a rendu hommage à Zafar Bangash, alors éditeur d’une newsletter islamiste radicale et suprématiste. Bangash qualifie son pays d’accueil de « mafia », il appelle ses concitoyens non musulmans des koufars (mécréants) qu’il faut combattre au risque (ô horreur !) de leur ressembler, et il prône la théocratie à l’iranienne comme modèle de société pour le monde entier. Serait-ce là le modèle de société non « horrible » et non « profondément raciste et injuste » que cherche à édifier la FCA ?
Du côté politique, les activités de la FCA sont presque entièrement centrées sur le conflit israélo-palestinien. Leur site Internet, monté grâce à une subvention de 60 mille dollars de Patrimoine Canada, en témoigne. Jonathan Kay écrivait ceci dans une récente chronique du National Post (notre traduction) : « L’année dernière, l’équipe éditoriale du National Post a reçu Mouammar et un de ses collègues de la FCA. Nous avons tous été choqués qu’ils imputent à peu près tous les problèmes de l’humanité à Israël, y compris la marginalisation des enfants d’origine arabe dans les écoles publiques canadiennes. L’un d’eux a dit qu’il avait envoyé sa fille étudier à l’étranger parce que la seule mention d’Israël dans les manuels scolaires s’avérait un traumatisme excessif pour elle ».
Nous vous invitons à écrire aux députés fédéraux pour leur faire part de vos préoccupations quant au soin avec lequel ils choisissent les groupes avec qui ils dialoguent et auxquels ils distribuent notre argent. La liste des courriels des parlementaires est ici : Adresses des parlementaires. Envoyez aussi le présent article au plus grand nombre possible de citoyens.
Des islamistes au Parlement ce mercredi
Le mercredi 4 mars, des représentants de la Fédération canado-arabe (FCA) seront à Ottawa, au Parlement, pour une journée officielle de lobbying. Depuis de nombreuses années, sous couvert d’un groupe de défense des droits des Arabes et, plus récemment, d’un groupe subventionné qui œuvre à l’intégration des immigrants à la société canadienne, la FCA s’active à défendre un agenda islamiste radical. Lourdement financée par des gouvernements non vigilants, la FCA a été souvent critiquée par ceux-là mêmes qu’elle prétend faussement représenter.
Examinons sa feuille de route. En 2007, la FCA a rendu hommage à Zafar Bangash, alors éditeur d’une revue islamiste radicale qui prône l’établissement partout dans le monde de régimes théocratiques inspirés du modèle iranien, qui célèbre le 11 septembre, et qui a déjà décrit son pays d’adoption comme « un membre en règle de la mafia anglo-saxonne ». En 2006, Ali Mallah, vice-président de la FCA pour l’Ontario, déplorait quant à lui le renversement du régime taliban. En janvier 2009, la FCA a publié un bulletin contenant des liens à des vidéos glorifiant des organisations terroristes comme le Hamas et le Jihad islamique ainsi que les actions de « martyr » contre des civils. Récemment, le président de la FCA, Khaled Mouammar, a sidéré Ottawa en traitant de « putes professionnelles » plusieurs politiciens libéraux et conservateurs. Et la liste est longue...
La FCA est une organisation hypocrite. Elle œuvre jour et nuit à radicaliser les Canadiens d’origine arabe et musulmane et à les marginaliser du reste des citoyens et des valeurs dominantes de la société. Pourtant, cette organisation dépend des deniers publics, ayant reçu plus de deux millions de dollars du gouvernement fédéral juste pour les deux dernières années. Les gouvernements ontarien et québécois l’ont eux aussi financée, et rien n’indique, aux dernières nouvelles, qu’ils ne récidiveront pas.
Nos politiciens ont le devoir de faire preuve de diligence et d’enquêter sur la nature réelle des groupes avec qui ils dialoguent. La FCA, une organisation qui soutient ouvertement le Hamas, un mouvement terroriste interdit, fait de l’agitation au sein de la communauté musulmane et se consacre activement à imprégner la population musulmane québécoise et canadienne d’une mentalité victimaire, et ce, aux frais des contribuables. Le Congrès musulman canadien, une organisation aux valeurs progressistes, a d’ailleurs, il y a deux semaines, réclamé que tous les futurs octrois à la FCA soient subordonnés à une garantie que l’organisation arabe ne se comportera pas comme un porte-parole du Hamas et du Hezbollah au Canada, et qu’elle épousera les valeurs canadiennes plutôt que celles de l’Iran.
En 2007, dans le cadre de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, des Québécois originaires de pays arabes ont déposé des mémoires dans lesquels ils se dissocient des organisations islamistes haineuses qui prétendent les représenter. Ainsi, la Communauté copte orthodoxe du Grand Montréal écrivait ceci à propos des organisations islamistes : « C’est un cancer qui est en train de se répandre dans la communauté. Ils agissent non pas comme groupes islamistes, ce qu’ils sont vraiment, mais comme observateurs canadiens des droits humains ! On ne peut qu’être estomaqués par la sophistication atteinte par ces groupes. »
En octobre dernier, Point de Bascule a été l’hôte à Montréal d’une conférence nationale où trois musulmans canadiens courageux ont dénoncé les efforts croissants des islamistes pour influencer et manipuler les politiciens canadiens et nos institutions politiques. Au nom d’une démocratie pluraliste éclairée, Point de Bascule en appelle aux citoyens et aux politiciens à faire preuve de diligence, à exposer la FCA pour ce qu’elle est vraiment, et à reconnaître que le fait de s’engager envers de tels groupes radicaux et de les financer constitue une trahison de l’intérêt national et de la confiance de la population.
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Libellés : Canada, FCA, Jessica Leblanc
mardi, septembre 30, 2008
La visite en Syrie du Président Sarkozy, par Jessica Leblanc
Au cours de sa visite en Syrie, Nicolas Sarkozy devra aborder en toute franchise avec le président syrien la question de la situation des droits humains dans ce pays. Les mesures de répression prises sans cesse par le gouvernement syrien contre les militants, les limites imposées à la liberté d'expression, la discrimination à l'encontre des Kurdes et la torture des prisonniers politiques posent des problèmes graves et urgents que le Président Sarkozy devra évoquer lors de sa rencontre à Damas avec le Président Assad.
Il faudra notamment que le Président Sarkozy demande instamment au Président Assad de libérer les militants détenus uniquement parce qu'ils exercent leur droit à la liberté d'expression et d'association, notamment ceux qui sont cités dans cette note ; il devra aussi lui demander de donner l’ordre aux services de sécurité syriens de mettre fin au harcèlement et aux arrestations arbitraires de militants politiques et de défenseurs des droits humains, de prendre des mesures concrètes pour mettre fin à la discrimination à l'encontre des Kurdes et pour faire en sorte que les quelques 300 000 Kurdes ne soient plus considérés comme apatrides ; enfin, il devra lui demander de mener des investigations sur la répression brutale d’une mutinerie à la prison de Sednaya il y a deux mois, causant la mort de plusieurs détenus.
Vous trouverez ci-dessous une liste des principaux problèmes liés aux droits humains qui se posent en Syrie, tels que démontrés par les travaux de Human Rights Watch. Pour plus de détails sur ces sujets, rendez-vous sur http://www.hrw.org/doc?t=mideast&c=syria.
I. Prisonniers politiques et défenseurs des droits humains
Les autorités syriennes continuent d'arrêter, de poursuivre, d'incarcérer et de harceler les militants politiques et les défenseurs des droits humains.
I. Les prisonniers politiques relevant de la Déclaration de Damas
A la suite d'une réunion du Conseil national de la Déclaration de Damas tenue le 1er décembre 2007, qui rassemblait de nombreux groupes d'opposition et de militants réclamant la mise en œuvre en Syrie de réformes démocratiques, les autorités syriennes ont commencé à prendre des mesures de répression contre ceux qui avaient assisté à cette réunion.
A l'heure actuelle, douze de ces militants restent détenus pendant la durée de leur procès pour des motifs mal définis tels que "l'affaiblissement du sentiment national et l'incitation aux luttes sectaires", "la diffusion de nouvelles inexactes ou exagérées susceptibles de porter atteinte au moral du pays" et "l'appartenance à une organisation visant à modifier la structure de l'Etat". La prochaine audience est fixée au 24 septembre 2008.
Huit de ces détenus ont déclaré au magistrat instructeur que les responsables de la sécurité les avaient frappés aux cours des interrogatoires et les avaient forcés à signer des confessions stipulant qu'ils prévoyaient d'accepter des fonds provenant de pays étrangers pour diviser le pays en accordant aux Kurdes un Etat distinct.
Parmi les détenus figurent Riad Seif, 61 ans, ancien membre du Parlement, atteint d'un cancer de la prostate et d'une affection cardiaque, le Dr. Feda' al-Hurani, 51 ans, médecin, élu président du Conseil national de la Déclaration de Damas lors de la réunion du 1er décembre, et Ali al- 'Abdullah, 58 ans, écrivain politique qui a déjà purgé trois peines de prison pour son militantisme.
Les prisonniers politiques signataires de la Déclaration de Beyrouth-Damas
Le 12 mai 2006, quelque 300 militants, intellectuels et défenseurs des droits humains libanais et syriens ont signé une pétition réclamant une amélioration des rapports entre le Liban et la Syrie fondée sur le respect de la souveraineté de chacun de ces deux pays.
Les autorités syriennes ont arrêté au moins douze signataires de cette déclaration. Le gouvernement a par la suite relâché la majorité d'entre eux, mais un tribunal pénal de Damas en a condamné quatre à de lourdes peines. Le tribunal a condamné l'éminent écrivain et militant politique Michel Kilo et le militant Mahmud 'Issa à trois ans d'emprisonnement. Khalil Hussain, membre du mouvement Avenir du Kurdistan, et Sulaiman Shummar, membre du parti non autorisé de la Révolution des travailleurs et l'un des dirigeants du Rassemblement démocratique national, ont été jugés par contumace et condamnés chacun à 10 ans de prison.
Le 20 août 2008, la cour pénale de Damas a rejeté une demande de remise en liberté de Michel Kilo, bien que, ayant déjà purgé les trois-quarts de sa peine de trois ans de prison, il puisse selon la loi syrienne bénéficier d’une remise en liberté anticipée.
De plus, un tribunal pénal de Damas a condamné un autre signataire, l'éminent avocat et défenseur des droits humains Anwar al-Bunni, à cinq ans d'emprisonnement, sous prétexte qu'il avait déclaré qu'un homme était mort dans une prison syrienne par suite des conditions inhumaines de sa détention.
Dr. Kamal Labwani
Le Dr. Kamal Labwani, médecin et fondateur du Rassemblement démocratique libéral, a été condamné en mai 2007 à douze ans d'emprisonnement pour "communication avec un pays étranger et incitation à l'agression à l'encontre de la Syrie" après s’être rendu aux Etats-Unis et en Europe à l’automne 2005 et y avoir rencontré des représentants du gouvernement américain, des journalistes et des organisations de défense des droits humains. Cette condamnation à douze ans de détention est la plus grave jamais prononcée à l’encontre un militant politique depuis l'accession au pouvoir de Bashar al-Assad. Par ailleurs, Dr Labwani a fait l'objet le 28 avril 2008 d'une autre condamnation à trois ans de détention pour avoir "insulté les autorités" au cours de son séjour en prison.
Le Rassemblement démocratique libéral est un groupe non partisan d'intellectuels et de militants syriens qui militent en faveur d’une évolution pacifique de la Syrie fondée sur les réformes démocratiques, le libéralisme politique, la laïcité et le respect des droits humains.
Le Dr Labwani avait déjà purgé une peine de trois ans d'isolement pour sa participation en 2001 aux débats sur la réforme politique.
Militants Kurdes
Les autorités syriennes harcèlent et arrêtent régulièrement des militants Kurdes. Le dernier exemple en date est l’arrestation le 15 août 2008 par les services de sécurité syriens de Mash ‘al al-Temmo, le porte-parole officiel du Courant Futur Kurde en Syrie, un parti politique non autorisé, alors qu’il se rendait à Alep. Il a été détenu au secret pendant onze jours. Le 27 août, un juge d’instruction l’a inculpé pour «affaiblissement du sentiment national et incitation aux luttes sectaires», «diffusion de nouvelles inexactes ou exagérées susceptibles de porter atteinte au moral du pays» et «appartenance à une organisation visant à modifier la structure de l'Etat». Il est actuellement détenu à la prison de ‘Adra, près de Damas.
II. Lois et pratiques répressives
Le gouvernement impose l'état d'urgence sans interruption depuis la prise de pouvoir du parti Ba'ath le 8 mars 1963. La Loi d'urgence confère au premier ministre en sa qualité de responsable de la loi martiale des pouvoirs extraordinaires lui permettant de restreindre le droit de réunion, de rencontre et "d'arrêter à titre préventif toute personne soupçonnée de mettre en danger la sécurité et l'ordre publics".
Ces pouvoirs créent un environnement dans lequel les autorités bafouent très largement les libertés et les droits les plus fondamentaux du peuple syrien et adoptent des mesures arbitraires pour faire taire les critiques au nom de la sauvegarde de la sécurité nationale.
La Cour suprême de sécurité de l'Etat
La Cour suprême de sécurité de l'Etat (CSSE), tribunal d'exception créé en 1968 pour examiner "tous les cas qui lui sont soumis par le responsable de la loi martiale" reste très active. En 2007, elle a jugé et condamné plus de 160 personnes pour des motifs divers, y compris l'appartenance à l’Association des Frères Musulmans, qui est interdite, le militantisme pro-kurde, l’appartenance à des groupes politiques interdits et la critique indépendante du gouvernement.
La CSSE n'est pas soumise aux règles habituelles de procédure pénale et aucun des procès qui s'y déroulent ne satisfait aux règles minimales imposées par le droit international pour garantir un procès équitable. Le tribunal condamne souvent des prévenus en se fondant sur des confessions obtenues sous la torture ou d'autres formes de contrainte.
Répression des activités en ligne
Il n'existe pas en Syrie de presse indépendante. Il y a peu, le gouvernement a appliqué à l'expression en ligne les restrictions qu'il impose habituellement à la presse et aux médias audiovisuels ; il a fait emprisonner et juger des journalistes et des militants pour avoir publié des informations en ligne. Karim 'Arbaji, 29 ans, modérateur de www.akhawia.net, forum en ligne très apprécié par les jeunes Syriens et qui traite de questions sociales et politiques, doit être jugé devant la CSSE pour avoir "répandu des informations erronées qui risquent d'affaiblir le sentiment national".
D’autres ont déjà été sévèrement réprimés pour leurs activités en ligne. Le 11 avril 2008, la CSSE a condamné Tarek Biasi, 22 ans, à trois ans de prison pour avoir "répandu des informations erronées qui risquent d'affaiblir le sentiment national". Son crime était d’avoir "insulté les services de sécurité" en ligne.
Un groupe de sept jeunes gens, Husam Melhem, Tariq al-Ghourani, Ayham Saqr, 'Ulam Fakhour, Maher Ibrahim Asbar, Omar al-Abdullah (fils d’Ali al-Abdullah, qui est actuellement détenu séparément en tant que membre du groupe de la Déclaration de Damas) et Diab Syriya – tous étudiants à l'exception d'Ayham Saqr qui travaille dans un institut de beauté – ont été déclarés coupables en juin 2007 "d'avoir agi ou d'avoir fait des déclarations écrites ou orales susceptibles de nuire à l'Etat ou de compromettre ses rapports avec un pays étranger, ou de l'exposer au risque d'actions hostiles". Deux des étudiants ont été condamnés à des peines de prison de sept ans tandis que les autres accusés ont eu des condamnations de cinq ans. Au cours de leur procès, les accusés ont tous récusé les accusations dont ils faisaient l'objet et ont affirmé que les forces de police avaient obtenu leurs confessions sous la torture. Cependant, le tribunal a accepté les confessions contestées et n'a entrepris aucune enquête au sujet des allégations de torture.
Par ailleurs, le gouvernement syrien bloque les sites internet appartenant à certaines catégories. Le filtrage le plus rigoureux frappe les sites qui critiquent l'action du gouvernement ou soutiennent les groupes syriens d'opposition. L'initiative OpenNet, qui regroupe quatre grandes universités aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni et suit le filtrage et la surveillance d'internet par les gouvernements, fait valoir que le filtrage des sites politiques en Syrie est "omniprésent". La censure du gouvernement syrien couvre aussi certains sites internet très fréquentés tels que www.facebook.com, www.youtube.com, et le moteur de blog de Google www.blogspot.com.
Le refus d’enregistrer les groupes de défense des droits humains
Bien que la Constitution syrienne protège le droit à la liberté d'association, le gouvernement a fait usage de ses pouvoirs exceptionnels et de ses lois restrictives et notamment de la Loi de 1958 sur les associations et les sociétés privées (Loi N° 93), pour empêcher les militants d'exercer leurs droits les plus fondamentaux. Les autorités syriennes ont refusé d'enregistrer tous les groupes de défense des droits humains qui en ont fait la demande. Faute de statut juridique, ces groupes sont soumis au bon vouloir des autorités et vivent dans la crainte constante de voir le gouvernement mettre fin à leurs activités et incarcérer leurs membres pour avoir enfreint la loi.
L'interdiction de voyager
Les autorités syriennes font couramment appel aux interdictions de voyage pour sanctionner les militants et les dissidents. Ces interdictions ont connu une augmentation spectaculaire en 2006 et 2007. Si le nombre exact des militants empêchés de se déplacer n'est pas connu, on l'estime à plusieurs centaines. Le mois dernier, au moins sept militants politiques et défenseurs des droits humains ont été directement touchés par ces restrictions.
III. Discrimination à l'encontre des Kurdes
Les Kurdes, qui constituent la plus importante minorité ethnique non arabe de Syrie, représentent environ dix pour cent d'une population de 19 millions d'habitants. Ils continuent de faire l'objet d'une discrimination systématique, comme en témoigne notamment le refus arbitraire d'accorder la citoyenneté à quelque 300 000 Kurdes nés en Syrie, à la suite d'un recensement tenu en 1962 qui a abouti à leur dénaturalisation. Bien que les autorités syriennes aient promis à de nombreuses reprises de "résoudre le problème de la nationalité", notamment à l'occasion du discours inaugural du Président Asad le 22 juillet 2007, le gouvernement n'a pris aucune mesure concrète à cet effet.
Les autorités syriennes interdisent aussi l'usage de la langue kurde dans les écoles et suppriment – souvent par la violence – d'autres expressions de l'identité kurde, telles que la célébration de "Nowroz", le nouvel an kurde. A l'occasion de la célébration cette année de Nowruz le 20 mars 2008, les forces syriennes de sécurité internationale ont ouvert le feu sur des Kurdes qui fêtaient l'an nouveau, faisant trois morts et au moins cinq blessés. Aucune enquête indépendante n'a été ouverte à propos de cette fusillade. Ce n'était pas la première fois que les forces syriennes faisaient usage de la force pour disperser une fête kurde. Il y a deux ans, en mars 2006, des forces de sécurité ont arrêté plusieurs dizaines de Kurdes et ont utilisé des gaz lacrymogènes et des matraques pour mettre fin à une procession aux flambeaux organisée pour fêter Nowroz.
IV. Fusillade à la prison de Sednaya
La prison de Sednaya, située à environ trente kilomètres de Damas, est placée sous le contrôle de l’armée. Elle est utilisée pour la détention préventive des personnes arrêtées par les services de sécurité ainsi que la détention de ceux qui ont déjà été condamnés par la Cour suprême de sécurité de l'Etat.
Le 5 juillet 2008 au matin, les autorités pénitentiaires syriennes ont tenté de réprimer une mutinerie dans la prison. La mutinerie avait commencé lorsqu’un contingent d’officiers de la police militaire avait agressivement fouillé les cellules des détenus. Les détenus, majoritairement islamistes, ont protesté en se battant avec des agents de la police militaire. Selon les témoignages, la police militaire aurait alors répondu en ouvrant le feu sur les détenus.
Suite à la fusillade, des détenus sont parvenus à immobiliser les gardiens et ont fait plusieurs otages, dont le directeur de la prison. Au cours des quatre jours suivants, des informations sur des négociations tendues parvenaient à filtrer vers le monde extérieur à travers des détenus utilisant des téléphones portables pris aux otages. La dernière communication connue des détenus était un appel d’un détenu aux membres de sa famille le 8 juillet, les informant que les autorités menaçaient de violemment prendre d’assaut la prison si les détenus ne se rendaient pas.
Deux mois après cet incident, il n’y a aucune information publique sur la façon dont ce bras de fer s’est terminé, ni sur le nombre exact et les noms des personnes tuées et blessées. Human Rights Watch a obtenu les noms de neuf détenus que l’on pense avoir été tués. Des organisations syriennes de défense des droits humains rapportent qu’il y aurait eu 25 morts. Les familles de détenus n’ont jusqu’à présent pu obtenir aucune information sur le sort des membres de leurs familles.
Nous demandons à Nicolas Sarkozy de soulever la question de cette fusillade mortelle avec le Président Bashar al-Assad et d’exhorter le président syrien à demander une enquête indépendante sur l’utilisation par la police d’une force meurtrière au sein de la prison et à rendre publique toute information concernant cette mutinerie, y compris le nombre de tués et leurs noms.
Libellés : Human Rights Watch, Jessica Leblanc, Syrie
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