mercredi, février 02, 2011
Bienvenue aux dictateurs, par Richard Martineau

Richard Martineau
30/01/2011 03h28
Tout le monde se demande pourquoi Jean-Claude Duvalier a quitté son palace sur la Côte d'Azur pour retourner à Haïti.
Comme l'écrivait Michel Beaudry dans sa chronique, l'autre jour: c'était quoi, son plan? Pensait-il que les Haïtiens allaient s'agenouiller devant lui et lui donner les clés du pays sur un plateau d'argent?
La belle vie
Mais une autre question me turlupine concernant Bébé Doc: comment se fait-il que ce monstre ait pu se la couler douce en France pendant toutes ces années, sans être le moindrement embêté, comme s'il était un retraité comme un autre?
La France aime rappeler au monde entier qu'elle est le berceau des Lumières et des Droits de l'homme. Liberté, égalité, fraternité, et tout le bataclan.
Mais concernant sa façon de traiter les anciens dictateurs qui ont accroché leur mitraillette, la patrie de Voltaire n'a de leçon à donner à personne.
Comme l'écrivait le journal électronique Rue89 la semaine dernière, la France a été hyper complaisante envers l'homme qui a pillé et terrorisé Haïti.
«Celui qu'elle a accepté d'accueillir en transit pour quelques jours en 1986 sera finalement resté 25 ans. Hors la loi, mais jamais inquiété.»
Un sans-papiers
Afin d'expliquer pourquoi on n'avait jamais expulsé l'ancien dictateur hors de France (et à coups de pieds dans le cul, s'il vous plaît, gracieuseté des millions de Haïtiens qu'il a crossés durant son règne), le gouvernement français disait que les autorités avaient «perdu sa trace».
Or, selon Rue89, c'est complètement faux. Bébé Doc n'est jamais disparu dans la nature.
Le président François Mitterrand a tout simplement dit à l'avocat de Duvalier que si son client restait tranquille et discret, rien ne lui arriverait.
Résultat: Bébé Doc (dont la fortune estimée était supérieure à la dette extérieure de son pays) a pu dormir sur ses deux oreilles dans sa somptueuse villa des Alpes et se balader en Ferrari sur la Croisette au vu et au su de tous, sans jamais être embêté par les autorités françaises, même s'il n'avait pas le statut de réfugié politique!
Tout ça, dans un pays qui ne cesse de dire haut et fort qu'il faut expulser les sans-papiers!
Les crapules s'amusent
Le cas de Duvalier n'est pas unique.
Omar Bongo, le président du Gabon, et Denis Sassou Nguesso, le président du Congo, deux sympathiques dictateurs sans foi ni loi, ont tous deux été accusés d'avoir détourné des sommes considérables de leur pays respectif pour acheter des palaces en France: un hôtel particulier dans le 16e à Paris, une villa dans les Yvelines, etc.
Rien de mieux que le miroitement des bijoux pour aveugler le pays des Lumières...
Ce n'est un secret pour personne: la Côte d'Azur est le Miami des dictateurs à la retraite.
Espérons que le Canada ne lui emboîtera pas le pas...
Après tout, ouvririez-vous les portes de votre maison à un criminel?
Ça pue
Mitterrand a autorisé la torture en Algérie, frayé avec le gouvernement de Vichy, accueilli Bébé Doc et fréquenté René Bousquet, un collabo notoire soupçonné d'avoir envoyé des enfants dans des camps d'extermination.
Décidément, plus on fouille, plus on se rend compte que l'idole de la gauche française était une crapule...
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Libellés : France, Haïti, Richard Martineau
mardi, décembre 30, 2008
Qu'y a-t-il de mal à propos de Dieudonné?
mardi, septembre 30, 2008
France : Les Nations Unies demandent une réforme de la législation et des pratiques en matière de lutte contre le terrorisme, par Noémie Cournoyer

La France devrait de toute urgence mettre en œuvre les recommandations d’un important organisme des Nations Unies chargé des droits humains, et qui a émis des critiques à l’égard de l’approche de la France en matière de lutte contre le terrorisme, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans une lettre lettre adressée au gouvernement français.
«L’ONU a remis à la France une feuille de route pour qu’elle mette ses politiques de lutte contre le terrorisme en accord avec les obligations relatives aux droits humains», a indiqué Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau de Paris de Human Rights Watch. «La France se considère comme une autorité en matière de droits humains. Elle devrait apporter la preuve de cette autorité en agissant rapidement pour mettre en œuvre les conclusions du principal organisme de l’ONU en matière de droits humains.»
Dans un rapport publié à la suite d’un examen approfondi en juillet 2008, le Comité des droits de l’homme de l’ONU a exprimé sa préoccupation au sujet du fait que les politiques françaises de lutte contre le terrorisme ne sont pas complètement conformes aux normes internationales de procès équitable et qu’elles font courir le risque à des personnes d’être renvoyées vers des nations où elles peuvent subir des actes de torture. Le comité, composé d’experts reconnus au niveau international, évalue le respect par les Etats du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ICCPR).
Parmi les problèmes relevés dans son rapport sur la France :
Manque de protections appropriées pendant la garde à vue. Les suspects de terrorisme peuvent être maintenus en garde à vue pour une durée pouvant aller jusqu’à six jours avant d’être présentés à un juge. Ils peuvent être détenus jusqu’à 72 heures avant d’être autorisés à s’entretenir avec un avocat. Tout comme d’autres suspects en France, ils ne sont pas informés de leur droit de garder le silence quand ils sont interrogés. Les enquêtes menées par Human Rights Watch ont constaté que le manque de protections signifie que les suspects de terrorisme en France sont souvent soumis à des interrogatoires oppressants pendant leur garde à vue.
Longueur de la détention provisoire. Les suspects de terrorisme peuvent être détenus pour des durées allant jusqu’à quatre ans et huit mois avant de passer en jugement. «[La] pratique institutionnalisée d’une détention prolongée aux fins d’enquête (…) est difficilement conciliable avec le droit garanti dans le Pacte d’être jugé dans un délai raisonnable», a noté le comité dans son rapport.
Protection insuffisante contre le renvoi vers un pays où existe un risque de mauvais traitements. Il n’y a pas de disposition prévoyant la suspension automatique d’un arrêté d’expulsion dans les affaires liées à la sécurité nationale quand un recours est présenté, même si les intéressés signalent qu’ils encourent la torture ou des mauvais traitements dans le pays de destination. Un autre organisme de l’ONU, le Comité contre la torture, a critiqué la France à deux reprises depuis 2005 pour avoir expulsé des personnes qui avaient fait état de leur crainte de subir la torture à leur retour, avant que leurs recours aient été complètement examinés.
«Ces critiques émises par l’ONU ternissent la position de leader de la France en matière de lutte contre le terrorisme et l’ensemble de ses efforts pour promouvoir le respect des droits humains», a déclaré Jean-Marie Fardeau. «Si la France écoute l’ONU et met en œuvre ses recommandations, cela peut renforcer sa position sur ces deux points. Les parlementaires peuvent aussi aider en surveillant le processus».
Des préoccupations similaires à propos des protections des droits humains de la France dans son approche des poursuites engagées pour des infractions terroristes ont été exprimées au cours de l’examen du bilan de la France en matière de droits humains, fait en mai 2008 dans le cadre du nouveau mécanisme d’Examen périodique universel au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
Les recommandations du Comité des droits de l’homme au gouvernement français incluent notamment :
Fournir assez de temps à toute personne sous le coup d’une expulsion de France pour déposer une demande d’asile, les services d’un traducteur et une garantie que l’arrêté d’expulsion sera suspendu jusqu’à ce que le processus soit terminé.
Informer toute personne arrêtée et accusée d’un délit, y compris les suspects de terrorisme, de son droit de garder le silence et l’autoriser à voir un avocat immédiatement. Le suspect devrait être présenté rapidement devant un juge.
Limiter la détention provisoire et renforcer l’autorité des juges qui déterminent le placement ou non en détention de la personne dans l’attente du jugement
Le Comité des droits de l’homme aussi exprimé sa préoccupation au sujet d’une loi récente autorisant la détention de certains auteurs de crimes violents pour des périodes d’un an renouvelables après qu’ils aient accompli leur peine de réclusion, concluant que cette loi remettait en question le droit à la présomption d’innocence et le droit à ne pas être condamné deux fois pour le même délit. Le Comité a recommandé que la loi soit réexaminée à la lumière des obligations de la France à l’égard de l’ICCPR.
Libellés : France, Human Rights Watch, Noémie Cournoyer, ONU
mardi, juillet 15, 2008
Vivre debout ou couché, par Richard Martineau
Journal de Montréal
12/07/2008 08h12
Hier, des lecteurs m'ont signalé la publication de deux textes qui montrent comment deux pays d'Europe réagissent à la question des accommodements «raisonnables».
D'un côté, il y a un pays qui se tient debout (la France). De l'autre, un pays qui baisse ses culottes, se met à quatre pattes et fournit le lubrifiant (l'Angleterre).
L'exemple français
Le premier texte, qui m'a été signalé par madame Céline Clément, a été publié hier dans le journal Le Monde.
Titre: Une Marocaine en burqa se voit refuser la nationalité française.
"Une Marocaine de 32 ans, mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France, vient de se voir refuser la nationalité au motif qu'elle a adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes.
«Pour la première fois en France, le Conseil d'État a pris en compte le niveau de pratique religieuse pour se prononcer sur la capacité d'assimilation d'une personne étrangère.» Selon la commissaire du gouvernement, la dame en question mène une vie recluse. Elle n'a aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote. Elle vit dans la soumission totale aux hommes de sa famille.
«Pour la commissaire, cette attitude démontre l'absence d'adhésion à certaines valeurs fondamentales de la société française...»
L'exemple anglais
Le deuxième texte, qui m'a été signalé par monsieur Luc Fradette, a été publié le 6 juillet dans le Sunday Times de Londres.
Titre: Les chiens policiers britanniques vont recevoir une formation destinée à les rendre plus sensibles à l'islam.
«Les chiens renifleurs de la police britannique devront dorénavant porter des petites bottines lorsqu'ils participeront à des fouilles dans des demeures appartenant à des musulmans, afin de ne pas insulter leur religion.
Un rapport rédigé par l'Association des chefs de police affirme que les policiers devront faire preuve de sensibilité envers la religion musulmane quand ils effectueront des recherches pour trouver des drogues et des explosifs.
Afin de ne pas insulter les musulmans, les policiers devront utiliser les chiens renifleurs dans des situations exceptionnelles seulement. En effet, la religion musulmane interdit les contacts avec les chiens, qu'ils considèrent comme malpropres...»
La capitale des islamistes
On dit souvent que la France et l'Angleterre sont les parents du Québec.
Quelle attitude, selon vous, devrait inspirer le Québec dans le dossier des accommodements? L'attitude ferme de la France ou l'attitude à-plat-ventriste de l'Angleterre?
Depuis des années, l'Angleterre joue la carte de la complaisance, en se disant: «Plus on est gentils avec les extrémistes, plus ils sont gentils avec nous et mieux ils s'intègrent...»
Or, qu'est-ce que cela leur a donné? Rien. Londres est devenue la capitale des islamistes. Les Anglais ont tellement peur de passer pour racistes qu'ils n'osent plus rien dire.
Même leurs chiens marchent sur le bout des pieds...
Deux poids...
Selon des organismes de lutte contre les agressions sexuelles, le calendrier Molson, qui montre de jolies filles en petite tenue, est sexiste. O.K., d'accord.
Mais comme me l'a écrit un lecteur, Gilles Boutin, pourquoi ne condamne-t-on pas le calendrier des pompiers, alors?
La vue d'une pitoune serait-elle plus choquante que celle d'un piton?
Libellés : France, Islam, Laïcité, Monde Arabe, Richard Martineau
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