mercredi, février 02, 2011
Bienvenue aux dictateurs, par Richard Martineau

Richard Martineau
30/01/2011 03h28
Tout le monde se demande pourquoi Jean-Claude Duvalier a quitté son palace sur la Côte d'Azur pour retourner à Haïti.
Comme l'écrivait Michel Beaudry dans sa chronique, l'autre jour: c'était quoi, son plan? Pensait-il que les Haïtiens allaient s'agenouiller devant lui et lui donner les clés du pays sur un plateau d'argent?
La belle vie
Mais une autre question me turlupine concernant Bébé Doc: comment se fait-il que ce monstre ait pu se la couler douce en France pendant toutes ces années, sans être le moindrement embêté, comme s'il était un retraité comme un autre?
La France aime rappeler au monde entier qu'elle est le berceau des Lumières et des Droits de l'homme. Liberté, égalité, fraternité, et tout le bataclan.
Mais concernant sa façon de traiter les anciens dictateurs qui ont accroché leur mitraillette, la patrie de Voltaire n'a de leçon à donner à personne.
Comme l'écrivait le journal électronique Rue89 la semaine dernière, la France a été hyper complaisante envers l'homme qui a pillé et terrorisé Haïti.
«Celui qu'elle a accepté d'accueillir en transit pour quelques jours en 1986 sera finalement resté 25 ans. Hors la loi, mais jamais inquiété.»
Un sans-papiers
Afin d'expliquer pourquoi on n'avait jamais expulsé l'ancien dictateur hors de France (et à coups de pieds dans le cul, s'il vous plaît, gracieuseté des millions de Haïtiens qu'il a crossés durant son règne), le gouvernement français disait que les autorités avaient «perdu sa trace».
Or, selon Rue89, c'est complètement faux. Bébé Doc n'est jamais disparu dans la nature.
Le président François Mitterrand a tout simplement dit à l'avocat de Duvalier que si son client restait tranquille et discret, rien ne lui arriverait.
Résultat: Bébé Doc (dont la fortune estimée était supérieure à la dette extérieure de son pays) a pu dormir sur ses deux oreilles dans sa somptueuse villa des Alpes et se balader en Ferrari sur la Croisette au vu et au su de tous, sans jamais être embêté par les autorités françaises, même s'il n'avait pas le statut de réfugié politique!
Tout ça, dans un pays qui ne cesse de dire haut et fort qu'il faut expulser les sans-papiers!
Les crapules s'amusent
Le cas de Duvalier n'est pas unique.
Omar Bongo, le président du Gabon, et Denis Sassou Nguesso, le président du Congo, deux sympathiques dictateurs sans foi ni loi, ont tous deux été accusés d'avoir détourné des sommes considérables de leur pays respectif pour acheter des palaces en France: un hôtel particulier dans le 16e à Paris, une villa dans les Yvelines, etc.
Rien de mieux que le miroitement des bijoux pour aveugler le pays des Lumières...
Ce n'est un secret pour personne: la Côte d'Azur est le Miami des dictateurs à la retraite.
Espérons que le Canada ne lui emboîtera pas le pas...
Après tout, ouvririez-vous les portes de votre maison à un criminel?
Ça pue
Mitterrand a autorisé la torture en Algérie, frayé avec le gouvernement de Vichy, accueilli Bébé Doc et fréquenté René Bousquet, un collabo notoire soupçonné d'avoir envoyé des enfants dans des camps d'extermination.
Décidément, plus on fouille, plus on se rend compte que l'idole de la gauche française était une crapule...
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Libellés : France, Haïti, Richard Martineau
dimanche, juillet 11, 2010
La plus sournoise des agressions raciales, celle que vous voyez sans doute jamais, par Francis Chartrand

La plus sournoise des agressions raciales, celle que vous voyez sans doute jamais.
Bon, mon commentaire, maintenant.
Samedi soir le 3 juillet, moi et ma conjointe sommes allés voir les feux d’artifices de La Ronde, à Montréal. Nous étions au Parc Bellerive, au bord du Fleuve Saint-Laurent, et la représentation était donnée par le Portugal, un spectacle pyrotechnique de 45 minutes. La foule était vaste aussi, 300 000 personnes au Parc, 200 000 sur le Pont Jacques Cartier.
Sur le chemin du retour, nous marchons sur la rue Sainte-Catherine, car devant les stations de métro Papineau et Beaudry, il y a une heure d’attente pour rentrer dans le métro ; trop de monde, bien sûr. Donc nous nous sommes dit que ferions mieux de rejoindre la station Berri UQAM à pieds.
Au retour, Tania me fait part qu’elle a une fringale. Elle hésite entre le restaurant Pizza Pizza, coin Sainte-Catherine et Saint-Timothée ou le restaurant Saint-Hubert, coin Sainte-Catherine et Amherst. On veut s’asseoir confortablement, on opte donc pour la deuxième option. On commande un « hot chicken » chacun, en plus d’un vers de vin. Un très bon chardonnay d’Argentine, dont je ne me rappelle plus du nom malheureusement. Tout va bien jusqu’à maintenant, et nous payons notre facture vers 23 :45.
Plus tard, elle cherche un McDonald, qu’on trouve plus tard coin Sainte-Catherine et Saint-Christophe, pour s’acheter un McFlurry, vous savez, ce blizzard de Dairy Queen. On se fait servir par une… comment doit-on dire ? Une fille, de couleur, noire. Elle lui sert dans ce qu’on peut sans doute déduire le cinquième du contenant normal, en lui disant que c’est la portion normale, en plus qu’elle affirme qu’elle l’a brassé.
Moi, je ne vais pratiquement jamais chez McDonald, trop occupé à aller casser la croûte chez les restaurants Harvey’s, au Dairy Queen, au restaurant 25ème à Saint-Eustache ou au comptoir alimentaire de la Gare Deux-Montagnes, mais bon, je ne savais même pas ce qu’était un McFlurry. Donc, je ne savais pas comment la traiter : sale crosseuse, maudite femme, calice de voleuse pleine de marde, crisse de salope, ostie d’immigrée sale, non là je serais raciste.
Dans ce McDonald, il y avait beaucoup de noirs et de gais ; je devais donc me la fermer, car vous savez, je monte souvent aux barricades, quand je ne les saute pas. Je préférais chialer deux coins de rue plus loin, une fois que nous sortirions du Village Gai, car je ne savais pas quoi leur dire dans le resto. Je les imaginais, ces Afro-américains se transformer en cannibales et ces gais se transformer en cannibales gais, juste en face de l’After Hour Circus, en train de nous embrocher dans le cul, Tania et moi, en nous crissant une pomme dans le gueule, en chantant « Hakuna matata » et en piétinant le drapeau du Québec.
Je ne niaise même pas. Voilà ce qui arrive quand on voit des hordes d’Afro-américains sauvages, quand on sait que maintenant, des gangs de rue venues de l’Est de Montréal pratiquent des rituels vaudous en plus des déviants de leur religion d’origine, qui, au nom de leur orientation sexuelle, pratique le néo-paganisme. Quand je pense à toutes ces hordes d’Haïtiens qui ont fuit Papa Doc et Bébé Doc et se sont intégrés en moins de 5 ans…
Mais bon, les temps changent, et les gens aussi. C’est pourquoi le lendemain je décide de contacter le McDonald pour me renseigner ou pour prendre des précisions sur la nature de cet incident, volontaire ou pas, ou ce manque de productivité envers ma blonde.
J’appelle en fin de matinée. Et je parle au gérant de service en question, lui expliquant que lorsque j’étais au restaurant, une fille avait demandé un McFlurry, et que la serveuse au comptoir lui sert dans ce qu’on peut sans doute déduire le cinquième du contenant normal, en lui disant que c’est la portion normale, en plus qu’elle affirme qu’elle l’a brassé.
Il me répond la chose la plus stupéfiante jamais entendue chez McDonald :
- Ah oui, l’ostie de calice de blanche, ouin, ouin, ouin, a faite chié tout le monde et a en voulait plus, pis la fille était frustrée. En plus, a faite retarder tous les clients.
Je lui réponds :
- C’est parce que, vois-tu, l’ostie de calice de blanche en question, c’est ma femme, tabarnac ! Pour traiter ma femme de « ‘blanche’ », t’es de quelle couleur ?
- Haïti, pourquoi ?
- Parce que tu viens de te faire faire prendre en flagrant délit de racisme, de racisme anti-blanc mais c’est du racisme pareil. En plus, selon toi, y a deux races, deux couleurs de monde, à Montréal, Québec et Haïti ? Dire que j’ai donné pour ton pays après le tremblement de terre, dire que j’ai marché contre le coup d’état contre Jean-Bertrand Aristide, dire que j’ai marché pour la famille de Marcellus François. Traite moi pas de raciste.
- M’en calice, man, ça vous empêche pas d’êtes une race pleine de marde, z’êtes jamais content, vous en voulez toujours plus, plus, pis plus. Pis y faudrait qu’on s’intègre à votre culture, quand z’êtes pas capable de voir que vivez en Amérique du Nord ? Va chier, le maudit québécois !
- J’ai jamais dis ça, je te parle d’un service adéquat avec une quantité adéquate, je te parle pas de tes origines, c’est toi qui a été raciste envers ma femme.
- Poigne-toi le à Laval, ton service adéquat avec une quantité adéquate. Vous faites chier. Pis vous penser que les Canadiens pis les Alouettes c’est du sport, man. Fuck you, man, que j’ai hâte qu’on vous sacre dans des réserves pis qu’on vous stérilise. Vous, les Québécois, z’allez être le seul peuple exterminé par légitime défense.
- C’est ça le respect que tu donnes à ta terre d’accueil ?
- M’en calice de ma terre d’accueil, m’en calice des frontières, « No one is illegal » tu connais ? Ça n’existe pas des immigrants illégaux. Fuck les frontières, j’les défonce. Pis les peuples qui ne méritent pas de vivre, je les nique !
- Hmmmr hmmmr !
Puis vient un moment de silence après que j’aie un peu toussé pour le calmer, et je reprends :
- Tu viens de te faire faire prendre en flagrant délit de racisme, de racisme anti-blanc, mais c’est du racisme pareil, pour la deuxième fois en plus. Je raccroche et j’appelle la police.
J’ai contacté la police de la Ville de Montréal (SPVM), et me disent que j’ai bien fait de porter plainte. J’ai parlé à deux policiers, un d’origine québécoise et l’autre d’origine haïtienne, et celui qui est d’origine haïtienne m’a conseillé de ne pas visiter les McDonald du centre-ville de Montréal, ni même les Burger King ou les Buffalo Wings, car dit-il, les « nègres » qui y travaillent sont parfois racistes.
Il m’a affirmé que bien souvent la communauté haïtienne lui fait honte avec ses gangs de rue et, je le cite encore, ses « évadés du container » qui crache sur le Québec parce qu’on ne se promène pas dans les rues avec des 12 et des machettes, que des Haïtiens de Montréal ne se retrouve plus dans leur communauté, comme dans le temps où les Haïtiens s’étaient sauvés du régime sanguinaire de Papa Doc et Bébé Doc.
Il m’a aussi affirmé que je devais tenir mon bout et pas me laisser marcher sur les pieds par quelque soit la communauté ethnique, car, ce policier s’étant intégré, autant que sa famille et ce, en moins d’une génération, les autres immigrés peuvent le faire ; ce n’est qu’une question de volonté.
Il a même conclu une philosophie que je partage ; ce ne sont pas les Québécois qui doivent se faire assimiler au multiculturalisme. Le multiculturalisme n’est pas si méchant que ça, mais il mène surtout au communautarisme et à l’isolationnisme ethnique. Si tous les immigrants s’intègrent au nationalisme québécois avec l’aide des Québécois, non seulement les familles ethniques connaîtront un bien meilleur sort, mais le peuple québécois sera plus apprécié et respecté à travers le monde. Nous pourrions tous en sortir une nation unie.
Libellés : Francis Chartrand, Haïti, Montréal, Tania Tokarski
mardi, décembre 02, 2008
Haïti. Les mineures privées de protection contre la violence sexuelle, par Francis Chartrand

Le gouvernement haïtien manque au devoir qu'il a de protéger les mineures haïtiennes contre le viol et les autres actes de violence sexuelle, a déclaré Amnistie internationale ce jeudi 27 novembre, à l'occasion du lancement d'un rapport exhortant les autorités à prendre conscience de la gravité du problème et à honorer l'obligation qui leur est faite de défendre les jeunes filles.
Rapport : La violence sexuelle contre les filles est omniprésente. Il n'est plus permis de s'en désintéresser
Pour plus d'information, consultez notre dossier spécial
D'après l'une des rares organisations recensant les agressions sexuelles contre les femmes, les jeunes filles et les fillettes, 55 % des 105 viols qui lui ont été signalés jusqu'à présent cette année concernaient des mineures. L'an dernier, la même organisation a déterminé que 58 % des victimes de viol ou d'autres actes de violence sexuelle portés à sa connaissance étaient des filles âgées de dix-neuf mois à dix-huit ans. Il est cependant important de noter que l'ampleur réelle du problème n'est pas bien connue, faute de chiffres globaux.
Amnistie internationale a déploré le fait que la Brigade policière de protection des mineurs soit en sous-effectif. En mars 2008, celle-ci disposait seulement de 12 membres pour couvrir le pays tout entier et n'avait pas un seul véhicule à sa disposition. Lorsque les plaintes déposées donnent lieu à une enquête, la réponse du système judiciaire est faible et largement inefficace.
«La violence sexuelle contre les filles - le viol en particulier - est omniprésente en Haïti et il n'est plus possible de fermer les yeux sur ce fléau, a déclaré Gerardo Ducos, chercheur sur les Caraïbes à Amnistie internationale.
Le gouvernement haïtien ne respecte pas l'obligation de protéger les mineures qui est la sienne. Compte tenu du manque d'aide de la part des autorités, il n'est pas surprenant que la plupart des auteurs de viols et d'agressions sur mineures ne soient pas traduits en justice et puissent continuer à perpétrer ces crimes sans crainte de sanction. Pour de nombreuses filles, survivre à la violence sexuelle implique de se taire.»
L'organisation a affirmé que si de nombreuses informations faisant état de viols de femmes perpétrés par des groupes d'hommes armés ont commencé à circuler du temps du régime militaire (1991-1994), les gangs criminels en ont désormais fait une pratique courante, en particulier à l'approche du carnaval annuel.
Si Amnistie internationale a concédé que l'adoption par Haïti d'un Plan national de lutte contre les violences faites aux femmes représente une avancée, elle a toutefois exhorté les autorités haïtiennes à le mettre réellement en œuvre et à respecter leurs obligations au titre du droit régional et international en matière de droits humains.
«Nous avons conscience que le gouvernement est confronté à de grandes difficultés, a poursuivi Gerardo Ducos. Il essaie de renforcer le développement, la bonne gouvernance et l'état de droit - mais aucun de ces objectifs ne peut être pleinement atteint si les droits des filles et des femmes ne sont pas protégés.
Les dirigeants doivent apaiser la défiance nourrie à l'endroit de la police et de la justice, de sorte à permettre aux mineures de se tourner vers ces institutions lorsqu'elles souhaitent recevoir une protection et des réparations. Il faut aussi coordonner la collecte des données à l'échelle du pays tout entier afin de mesurer la nature et l'étendue de la violence à l'égard des femmes et des filles, et rendre les résultats publics dans les deux langues officielles du pays. Le gouvernement ne doit pas tourner le dos aux jeunes Haïtiennes.»
Amnistie internationale met en lumière cet aspect de la violence sexuelle en Haïti dans le cadre de son projet Des écoles plus sûres - Un droit pour toutes les filles, qui relève lui-même de la campagne Halte à la violence contre les femmes. Le projet Des écoles plus sûres se fonde sur la conviction que la violence dont certaines filles sont victimes tandis qu'elles poursuivent leurs études constitue une violation de leurs droits fondamentaux. Si la violence contre les écolières reste impunie, cela suggère aux autres enfants et à la société en général que la violence contre les femmes et les jeunes filles est tolérable et que souffrir en silence est normal.
Complément d'information
Le rapport intitulé Ne leur tournez pas le dos. La violence sexuelle contre les filles en Haïti s'appuie sur des recherches effectuées par Amnistie internationale, ainsi que sur des entretiens menés par des chercheurs de l'organisation lors de missions en Haïti en septembre 2007 et mars 2008. L'identité des jeunes filles citées dans ce rapport n'est pas révélée, de façon à préserver leur vie privée et à garantir que leur sécurité ne soit pas compromise.
Haïti est l'un des seuls pays des Amériques n'ayant pas adopté de législation spécifique visant à lutter contre la violence domestique.
Le rapport a été rendu public à l'occasion d'une série d'ateliers organisés par les représentants d'Amnistie internationale en Haïti, et dans le cadre d'une série mondiale d'actions portant sur les droits des femmes menées en relation avec la journée des femmes défenseures des droits humains, le 29 novembre 2008.
La campagne Halte à la violence contre les femmes plaide en faveur de l'application des lois permettant aux victimes d'obtenir justice et de bénéficier des services dont elles ont besoin ; de la promulgation de nouvelles lois qui protègeront les droits fondamentaux des femmes ; de l'abrogation des lois introduisant une discrimination à l'égard des femmes, et de la fin des violences perpétrées contre les femmes par l'État et ses représentants.
Le projet Des écoles plus sûres - Un droit pour toutes les filles part du principe qu'aucun acte de violence à l'égard des filles n'est justifiable et que toutes ces agressions sont évitables.
La privation du droit à l'éducation est souvent associée à des atteintes à d'autres droits humains. Ainsi, si le droit d'une fillette à disposer d'un logement décent est bafoué (par exemple à la suite d'une expulsion), elle risque d'être déscolarisée. Celles dont le droit à jouir de la meilleure santé possible n'est pas respecté (qui ne reçoivent pas, par exemple, les médicaments dont elles auraient absolument besoin) verront leurs chances de poursuivre leurs études compromises. Si les filles ne reçoivent aucune protection face aux violences physiques, psychologiques et sexuelles, cela constitue une atteinte à leur droit à l'éducation, ainsi qu'à leur droit de ne pas subir de violences. Les fillettes et les jeunes filles victimes de violences disent avoir des difficultés d'apprentissage ; elles ont une image d'elles-mêmes dévalorisée et en viennent parfois à abandonner purement et simplement leurs études. Or, une fois qu'elles ont quitté le système scolaire, c'est généralement pour ne plus y revenir.
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Libellés : Amnistie Internationale, Droits de l'homme, Francis Chartrand, Haïti
jeudi, novembre 20, 2008
Les femmes enceintes en Haïti ont désespérément besoin de soins obstétriques d’urgence, par Iba Bouramine

Les équipes médicales de Médecins Sans Frontières (MSF) se démènent pour fournir des soins d'urgence gratuits et de qualité aux femmes enceintes et à leurs bébés à Port-au-Prince, en Haïti. Le mois dernier, des centaines de femmes ont du se rendre à l'hôpital Jude-Anne de Port Au Prince pour obtenir des soins obstétriques d'urgence. En octobre, le personnel de l'hôpital a aidé 56 femmes à accoucher en une seule journée, un nombre record, alors que 160 femmes étaient en attente d'hospitalisation. L'hôpital était tellement rempli que des femmes ont dû accoucher dans les salles d'attentes, les escaliers et les toilettes de l'hôpital, partout où elles le pouvaient. La situation est devenue intenable dans cet hôpital de 60 lits dont 5 en salle d'accouchement, qui normalement permet en moyenne à 35 femmes d'accoucher chaque jour.
Le nombre record de patients à l'hôpital Jude-Anne est dû à de nombreux facteurs, le plus important étant les grèves répétées des hôpitaux de la capitale. Par exemple, l'hôpital général de Port-au-Prince, principale structure qui permet normalement de référer les femmes enceintes sans complication, est en grève depuis les trois dernières semaines et ne semble pas en voie de reprendre ses activités.
«Si cette situation perdure, j'ai peur que la conséquence directe soit plus de décès de femmes et d'enfants. Les hôpitaux de référence doivent accepter les patientes et offrir des soins maternels gratuits, sans quoi la situation sera catastrophique. J'exhorte le gouvernement et les donneurs à permettre la mise en place des services obstétriques gratuits sans tarder», explique le chef de mission Hans van Dillen.
Haïti a le taux de mortalité maternelle le plus élevé de l'hémisphère occidental. Bien que le ministère de la Santé ait reçu un financement en février 2008 pour créer un programme national de soins obstétriques gratuits, les patientes sont toujours mise à contribution dans le cadre du système de recouvrement de coûts. Des femmes et des nouveaux nés meurent inutilement, en partie à cause de la lenteur des autorités et la réticence de certains hôpitaux à mettre en place ce programme de soins gratuits.
MSF est extrêmement préoccupée par l’impact des grèves sur l'accès aux soins pour les femmes enceintes et exhorte le ministère de la Santé à mettre en place immédiatement le programme de soins obstétriques gratuits et ainsi de sauver les vies de mères et de nouveaux-nés.
MSF en Haïti
Dans la capitale Port-au-Prince, MSF offre des soins obstétriques d’urgence à l’hôpital Jude-Anne; organise des cliniques mobiles dans les quartiers populaires de Martissant, Pelé Simon, La Saline et Solino; offre des soins d’urgence et de stabilisation à l’hôpital de Martissant. MSF soigne également les traumatismes et dispose d'un service de physiothérapie aux hôpitaux de La Trinité et Pacot, ainsi apporte un soutien psychologique aux victimes de violence sexuelle. Au nord de la capitale aux Gonaïves, à la suite de la destruction causée par les ouragans, MSF a construit des latrines, a distribué de l’eau potable, organise des cliniques mobiles et gère désormais un hôpital de 80 lits avec un service d’urgence, de maternité et de pédiatrie.
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Libellés : Haïti, Iba Bouramine, Médecins Sans Frontières
jeudi, septembre 11, 2008
Haïti : MSF porte secours aux Haïtiens et évalue les besoins après le passage de cyclones successifs, par Noémie Cournoyer

D’après les autorités, 25 000 à 30 000 habitations ont été détruites et plus de 400 personnes auraient perdu la vie. L’accès aux vivres et à l’eau potable est extrêmement limité, et une grande partie des cultures a été détruite.
Le jeudi 4 septembre, une équipe de MSF, composée de huit personnes (médicales et non médicales) est arrivée aux Gonaïves pour nettoyer le centre de santé de Rabouteau, seule structure de santé en état de fonctionner (sur quatre centres de santé et un hôpital) après les inondations. Grâce à l’appui de la population locale, MSF a pu nettoyer les locaux, apporter des médicaments et remettre la salle d’opération en service. Le vendredi 5 septembre, MSF a reçu 110 personnes en consultation, soigné 49 blessés et pratiqué 16 opérations.
Samedi, suite à une alerte des autorités concernant l’arrivée du cyclone Ike, des milliers de personnes ont quitté la ville. Le centre de santé de Rabouteau, que MSF soutien, reste la seule structure de santé opérationnelle dans la ville.
L’absence d’eau potable est très inquiétante pour les habitants. Toutes les sources d’eau ont été contaminées à la suite des inondations. À ceci s’ajoute le fait que la plupart du personnel médical local a fuit la ville.
MSF n’a pas été en mesure de se rendre dans de nombreux quartiers rendus inaccessibles par les inondations et ne peut donc évaluer correctement les besoins de la population.
Samedi, un médecin de MSF s’est rendu à Saint Michel de l’Atalaye, où 400 personnes étaient bloquées depuis 5 jours sans eau ni nourriture. MSF a pu transporter un enfant aux Gonaïves pour y être opéré et a distribué de l’eau et des vivres provenant du Programme alimentaire mondial.
Une équipe de trois personnes s’est rendue au Cap Haïtien pour évaluer les capacités de réponses en cas d’urgence et établir des contacts au niveau local pour pouvoir évaluer les besoins immédiatement après le passage de l’ouragan Ike. Les équipes de MSF n’ont pas été capables d’atteindre de nombreuses parties inondées dans l’est de la région. On a signalé que les hôpitaux et les structures de santé ont été sérieusement endommagés dans cette zone.
Aujourd’hui, les zones inondées comprises entre les Gonaïves, Port de Paix et Cap Haïtien restent inaccessibles, et des localités comme Enry ou Gros Morne, qui ont été durement touchées par Hanna, n’ont reçu aucune assistance. MSF tente toujours d’y accéder, mais l’arrivée du cyclone Ike risque de compliquer leurs efforts.
MSF continue ses activités à Port-au-Prince. L’organisation offre des services médicaux et chirurgicaux au centre La Trinité, des services obstétriques d’urgence à l’hôpital Jude Anne et des services d’urgence et autres services de santé essentiels par le biais de ses cliniques mobiles dans le bidonville de Martissant. Une équipe mobile s’est rendue dans le bidonville de la Saline plus tôt cette semaine.
Ike, cyclone de catégorie 4, a déjà atteint Haïti, et les pluies ont commencé à tomber de nouveau.
Libellés : Haïti, Médecins Sans Frontières, Noémie Cournoyer
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