samedi, février 21, 2009
Sud Darfour : une équipe MSF de retour à Muhajariya pour aider les populations affectées par les combats, par Anne Humphreys

Après quatre semaines d’absence forcée, une équipe de Médecins Sans Frontières (MSF) a pu retourner à Muhajariya au Sud Darfour (Soudan), où près de 35 000 personnes ont été affectées par les affrontements.
À la mi-janvier, d’importants combats entre deux groupes rebelles rivaux ont forcé MSF à évacuer la majorité de son personnel médical à Nyala, la capitale régionale située à 80 kilomètres. Au cours des premiers jours d’affrontements, la base MSF a été complètement détruite par les flammes. La clinique MSF est restée intacte et est toujours fonctionnelle. MSF tient les groupes rebelles responsables des dommages causés au moment où la ville était sous leur contrôle.
MSF a pu reprendre ses activités médicales et le nombre de consultations a doublé dès le deuxième jour. Il est prévu de renforcer les équipes et de restaurer les cliniques endommagées des alentours de Labado et Um Shegeira.
Reshma Adatia, responsable des projets MSF au Soudan et actuellement présente à Muhajariya explique : « La reprise de nos activités médicales a été appréciée des nouveaux représentants du gouvernement du Soudan. Nous espérons pouvoir proposer le plus rapidement possible des soins médicaux similaires à ceux dispensés avant notre évacuation forcée. »
Les populations de Muhajeria et de ses environs ont été directement affectées par les affrontements. L’évacuation du personnel médical de MSF a laissé la population sans assistance médicale ni support nutritionnel. Une équipe réduite de personnels MSF soudanais est restée sur place et a continué d’apporter des secours.
« Près de la moitié de la population de la ville semble avoir quitté les lieux. Nous ne savons pas exactement où ils se trouvent, mais nous allons continuer à suivre la situation et à assister la population en fonction des besoins. La plupart d’entre eux a probablement fui rapidement, sans doute sans avoir le temps de rassembler et d’emporter quelques provisions. Nous craignons qu’ils aient besoin de secours en toute urgence », a ajouté Reshma Adatia.
Plus au nord, les équipes ont constaté l’arrivée de nouvelles populations déplacées. Ils ont rejoint les camps des alentours de El Fasher, où MSF apporte une assistance médicale à près de 5300 personnes nouvellement déplacées. Les équipes ont distribué du matériel de première nécessité à près de 1000 personnes, qui ont dû abandonner leur maison derrières elles. Les déplacements ne s’étant interrompus, MSF prévoit de continuer ces distributions et d’augmenter l’offre de soins médicaux.
Depuis juillet 2004, MSF apporte une assistance médicale dans et autour de Muhajeria. En 2008, MSF a donné plus de 54 000 consultations médicales, près de 6500 femmes ont été prises en charge, 300 accouchements ont été réalisés et environ 1000 enfants malnutris ont été traités. Des cliniques mobiles apportent également une offre de soins aux populations des environs de Labado et Um Shegeira. À El Fasher, au Nord Darfour, MSF fournit des soins médicaux à près de 33 000 personnes vivant dans les camps de Shangil et Shadat et dans les villages environnants.
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Libellés : Anne Humphreys, Médecins Sans Frontières, Soudan
Sri Lanka : MSF augmente son aide dans les camps, plus de personnel prêt à intervenir, par Noémie Cournoyer

Médecins Sans Frontières (MSF) prépare le travail dans 15 camps de Vavuniya et les alentours, abritant quelque 30 000 personnes qui ont fui la violence au nord du Sri Lanka. MSF distribue déjà de la nourriture et des biens de première nécessité dans dix de ces camps. À l’hôpital de Vavuniya, le chirurgien MSF est intervenu sur 144 patients, assistant une équipe de chirurgiens locaux.
Suppléments alimentaires
Ces dernières semaines, plus de 2500 personnes ont reçu des suppléments alimentaires dans les camps. MSF a distribué des rations d’un mélange de maïs et de soya, du sucre et de l’huile et se concentre sur les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et les mères qui allaitent. « Ces personnes ont vécu dans des conditions très difficiles lorsqu’elles se trouvaient encore en zone de conflit, avec très peu de nourriture pour survivre plusieurs jours. Maintenant qu’elles se trouvent dans une zone plus sûre, nous devons donner de la nourriture supplémentaire aux personnes qui en ont le plus besoin. Ces suppléments alimentaires ajoutent 500 calories à leur régime habituel, ce qui fait une grosse différence dans leur situation », explique la chef de mission Annemarie Loof.
MSF aide les familles destituées ayant un besoin urgent de matériel de base pour l’hygiène et la maison. La plupart des personnes sont parties en laissant tout derrière elles dans la région de Vanni. Elles devaient, en effet, se déplacer assez régulièrement avant de pouvoir traverser la frontière vers la zone sous contrôle gouvernementale.
« C’était terrifiant. Des personnes sont tuées chaque jour. Nous n’avions pas d’eau, de nourriture ni de médicaments », raconte la mère d’une famille réfugiée en zone gouvernementale dont la fille malade et le fils, blessé par balle, ont été admis à l’hôpital. « À ce moment-là, nous n’avions plus beaucoup d’argent. Quand ma fille est tombée malade, nous nous sommes dit qu’il fallait sortir du bunker pour aller chercher des médicaments. C’était très dangereux. Tous les jours, nous demandions à mon mari ce qu’il allait nous arriver. Est-ce que nous allions tous rester et mourir? »
Personnel médical en attente
Pour le moment, le ministère de la Santé dispense des soins de santé dans les camps. À cette fin, le gouvernement a dépêché des médecins de différentes structures de santé sur place. Cette solution reste cependant temporaire et met la pression sur les autres structures de santé. MSF a deux médecins et deux infirmières prêtent à travailler dans les camps au sein de cliniques mobiles dans le cas où d’autres personnes se présentent ou si le ministère de la Santé demande une assistance supplémentaire.
144 chirurgies en une semaine
Dans l’hôpital de Vavuniya, la plus grande structure pour le traitement des urgences de la zone, 144 personnes ont été opérées la semaine dernière. Cent sept de ces patients avaient besoin de chirurgies pour des blessures contractées lors des combats. Un chirurgien MSF effectue des opérations auprès de deux homologues sri-lankais pour le ministère de la Santé. MSF étudie la possibilité de travailler avec le ministère de la Santé avec une anesthésiste et d’autres membres du personnel médical. MSF a également fourni cent matelas et de la literie afin d’anticiper un nouvel afflux de patients.
De moins en moins de personnes fuient la zone de conflit
Alors que l’on avait vu une augmentation des civils qui tentaient de s’échapper de la zone de conflit ces deux dernières semaines, leur nombre a considérablement baissé ces deniers jours. MSF cherche toujours à accéder au plus vite aux 20 000 personnes se trouvant dans la région de Vanni et demande instamment aux deux parties au conflit de tout faire pour assurer la protection des civils restés coincés dans les combats.
« Je ne pleure pas parce que j’ai mal, mais parce que mes frères et mes sœurs sont restés en zone de conflit », explique une jeune fille de 15 ans très lourdement blessée lors des combats. Sa mère, comme beaucoup d’autres personnes passées en zone gouvernementale, est restée dans un camp de transit. Elle cherche désespérément sa famille et la moindre information sur ses enfants laissés derrière.
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Libellés : Médecins Sans Frontières, Noémie Cournoyer, Sri Lanka
lundi, décembre 01, 2008
Neuf enfants sur dix privés de traitement antirétroviral, par Renata Daninsky

Neuf enfants sur dix porteurs du VIH n’ont pas accès à des traitements antirétroviraux. Pour Médecins Sans Frontières (MSF), gouvernements et bailleurs doivent rapidement augmenter les capacités diagnostiques et de traitements pour les enfants. Les plus affectés sont les jeunes enfants nés avec le virus, car sans traitement, la moitié d’entre eux mourront avant leur deuxième anniversaire.
Alors que près de 1,9 million d’enfants auraient besoin d’un traitement antirétroviral, seuls 200 000 d’entre eux ont aujourd’hui accès aux médicaments dont ils ont besoin. MSF appelle les gouvernements et les bailleurs de fonds à étendre les capacités diagnostiques et à augmenter considérablement l’utilisation de médicaments pédiatriques en combinaison à dose fixe – une formule qui combine plusieurs médicaments en un seul comprimé.
«Grâce à l’introduction de ce comprimé facile à utiliser, nous avons pu augmenter considérablement le nombre d’enfants mis sous traitement antirétroviral dans nos projets, explique le Dr Tido von Schoen-Angerer, directeur de la Campagne d’accès aux médicaments essentiels de MSF. Il est possible de traiter les enfants atteints du sida. Nous demandons aux gouvernements et aux bailleurs de se fixer des objectifs ambitieux et de ne plus abandonner à leur sort la majorité des enfants malades du sida.»
Dans les pays riches, le nombre d’enfants infectés par le virus a été presque éliminé grâce à la mise en place de programmes efficaces de prévention de la transmission de la mère à l’enfant. Le VIH chez l’enfant reste un problème qui touche principalement les pays les plus pauvres. Ainsi, les laboratoires ne sont pas incités financièrement à développer des tests diagnostiques plus simples d’utilisation ou de nouveaux médicaments contre le sida pour les enfants.
«Aujourd’hui, le traitement est possible, mais nous avons besoin de plus d’outils diagnostiques et de traitements adaptés aux enfants. La plupart des médicaments n’existent qu’en version pour adulte, poursuit le Dr. Tido von Schoen-Angerer. Les laboratoires pharmaceutiques doivent aujourd’hui mettre au point des formules pédiatriques faciles à utiliser pour les différents médicaments VIH. Sinon, les gouvernements devront les obliger à le faire.»
Le manque de diagnostics simples entrave l’accès aux soins des enfants, car la détection de l’infection est un préalable indispensable pour commencer un traitement précoce. Aujourd’hui, la seule méthode diagnostique existante pour les enfants de moins de 18 mois est un test complexe et coûteux, basé sur l’ADN.
La grande majorité des enfants sont infectés par le VIH au cours de la grossesse, au moment de l’accouchement ou pendant l’allaitement. Les efforts pour prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant sont indispensables. Et les deux millions d’enfants vivant actuellement avec le virus doivent avoir accès à un traitement adapté.
Ces 5 dernières années, près de 10 000 enfants de moins de 15 ans ont démarré un traitement par antirétroviraux dans les programmes MSF dans le monde, 4 000 d’entre eux ont moins de 5 ans.
Vidéo: La journée mondiale du sida – 1er décembre 2008
Des formulations pédiatriques améliorées sont nécessaires au traitement des enfants séropositifs. Séquences vidéo du programme MSF de traitement du VIH/sida dans le bidonville de Mathare à Nairobi (Kenya).
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Libellés : Enfants, Médecins Sans Frontières, Renata Daninsky
La peur d'aller au champ, la peur de mourir, par Noémie Cournoyer

Dans la région de Kirotshe en République démocratique du Congo (RDC), à l’ouest de Goma, Médecins Sans Frontières (MSF) travaille des deux côtés de la ligne de front en soutenant un hôpital de référence et en menant des cliniques mobiles. Dans le camp de déplacés de Shasha, MSF fournit une assistance psychosociale aux personnes déplacées. Carmen Martinez, une psychologue travaillant pour MSF dans la région explique.
Carmen, peux-tu décrire les activités psychosociales dans le camp de Shasha?
Nous avons lancé un programme psychosocial pour aider les personnes déplacées, mais aussi certains membres de la population résidente, de surmonter le traumatisme qu’ils ont subi à cause de la guerre. C’est un programme communautaire, c’est-à-dire avec la base de la communauté, et sans «techniciens.» Je suis la seule psychologue. Au cours de la semaine dernière, j’ai formé 22 «sensibilisateurs». Ils se sont organisés en six groupes, correspondants à différentes parties du camp. Outre ces activités collectives, ou «communautaires», il y a un volet individuel, avec des consultations individuelles pour ceux qui sont les plus affectés.
Concrètement, comment travaillent les sensibilisateurs?
On organise des groupes de parole, avec un thème de discussion. Il y a environ 60 à 80 personnes par groupe de parole. Au cours d’une session, la semaine dernière, le premier thème était la « santé ». La santé dans une approche globale : physique, sociale et mentale. Certaines personnes ont parlé de maux de tête, de maux de ventre, de troubles du sommeil. D'autres vivaient avec le sentiment d'être isolés. Aujourd’hui, on a parlé des soucis de la population. On a essayé d’identifier les événements qui les avaient marqués. Ils nous ont parlé de leur peur d’aller au champ pour cultiver, de leur peur de mourir… Ils se sont souvenus de leur fuite comme de quelque chose de très soudain. Nous essayons de trouver quelques outils de récupération qui les aideront à surmonter cette situation. Par exemple, le fait d’avoir des porte-parole pour recueillir les besoins de la communauté. Ou encore le fait de poursuivre les pratiques traditionnelles comme les rituels, par exemple.
En quoi consistent les entretiens individuels?
En plus de la mobilisation sociale, il y a ce qu’on appelle les consultations individuelles. Deux personnes ont été formées pour devenir, avec moi, conseillers psychosociaux. Une séance se déroule comme une consultation médicale, où l’on essaie d’identifier les problèmes les plus importants, les événements vécus récents ou de vie très forts. On aborde les réactions physiques et mentales en laissant la personne s’exprimer. Lors d’une séance, il y avait un soldat démobilisé. C’est-à-dire qu’il a quitté un groupe armé pour rentrer dans la vie civile. Il parlait de flashbacks, de peurs pendant la nuit, de cauchemars, de vives émotions la nuit quand il entend le moindre bruit… Il disait qu’il avait peur de sortir de chez lui. En fait, par ce comportement, il évitait une situation qui pourrait lui rappeler quelque chose qu’il a vécu. Il y a beaucoup d’exemples similaires parmi les personnes déplacées.
Quelles sont les conditions de vie dans le camp?
Ici au camp de Shasha, il y a environ 4300 personnes déplacées. Un certain nombre de déplacés sont aussi dans des familles d’accueil. Ils ont tout laissé derrière eux, des familles ont été séparées. À Shasha, une vingtaine d’enfants ne sont pas accompagnés, beaucoup parce qu'on ne sait pas où sont leurs parents. Les gens me parlent aussi du vol de leurs biens par des hommes armés. Le 27 octobre, tous ont évacué à la hâte le camp de Shasha pour aller à Minova, plus au sud. Quand la sécurité dans la zone leur a permis de rentrer, tout était pillé. Ils n’ont presque rien, ils ont reçu quelques couvertures, bâches en plastique, bidons… Leurs huttes sont très petites. Les conditions d’hygiène dans le camp sont exécrables. C’est important pour nous d’insister sur les mesures d’hygiène de base et de promotion de la santé. Certains groupes de parole sont consacrés à l’hygiène, par exemple.
Comment peut-on se remettre de telles expériences traumatisantes?
Il faut trouver, ensemble avec le patient, les mécanismes qui fonctionnent encore bien. Par exemple, le fait de pouvoir se confier à quelqu’un ou bien pour certains, d’être avec sa famille au complet, etc. Le soldat démobilisé, dont je vous parlais, m’a dit qu’il pouvait au moins encore aller travailler, qu’il allait parfois au champ… Au cours des consultations individuelles, on repère ces points positifs et on se met d’accord sur ce qu’on peut faire ensemble. Il faut leur faire comprendre que leurs réactions sont normales et qu’elles font suite à des événements qui, eux, ne sont pas normaux.
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Libellés : Congo, Médecins Sans Frontières, Noémie Cournoyer
jeudi, novembre 20, 2008
Les femmes enceintes en Haïti ont désespérément besoin de soins obstétriques d’urgence, par Iba Bouramine

Les équipes médicales de Médecins Sans Frontières (MSF) se démènent pour fournir des soins d'urgence gratuits et de qualité aux femmes enceintes et à leurs bébés à Port-au-Prince, en Haïti. Le mois dernier, des centaines de femmes ont du se rendre à l'hôpital Jude-Anne de Port Au Prince pour obtenir des soins obstétriques d'urgence. En octobre, le personnel de l'hôpital a aidé 56 femmes à accoucher en une seule journée, un nombre record, alors que 160 femmes étaient en attente d'hospitalisation. L'hôpital était tellement rempli que des femmes ont dû accoucher dans les salles d'attentes, les escaliers et les toilettes de l'hôpital, partout où elles le pouvaient. La situation est devenue intenable dans cet hôpital de 60 lits dont 5 en salle d'accouchement, qui normalement permet en moyenne à 35 femmes d'accoucher chaque jour.
Le nombre record de patients à l'hôpital Jude-Anne est dû à de nombreux facteurs, le plus important étant les grèves répétées des hôpitaux de la capitale. Par exemple, l'hôpital général de Port-au-Prince, principale structure qui permet normalement de référer les femmes enceintes sans complication, est en grève depuis les trois dernières semaines et ne semble pas en voie de reprendre ses activités.
«Si cette situation perdure, j'ai peur que la conséquence directe soit plus de décès de femmes et d'enfants. Les hôpitaux de référence doivent accepter les patientes et offrir des soins maternels gratuits, sans quoi la situation sera catastrophique. J'exhorte le gouvernement et les donneurs à permettre la mise en place des services obstétriques gratuits sans tarder», explique le chef de mission Hans van Dillen.
Haïti a le taux de mortalité maternelle le plus élevé de l'hémisphère occidental. Bien que le ministère de la Santé ait reçu un financement en février 2008 pour créer un programme national de soins obstétriques gratuits, les patientes sont toujours mise à contribution dans le cadre du système de recouvrement de coûts. Des femmes et des nouveaux nés meurent inutilement, en partie à cause de la lenteur des autorités et la réticence de certains hôpitaux à mettre en place ce programme de soins gratuits.
MSF est extrêmement préoccupée par l’impact des grèves sur l'accès aux soins pour les femmes enceintes et exhorte le ministère de la Santé à mettre en place immédiatement le programme de soins obstétriques gratuits et ainsi de sauver les vies de mères et de nouveaux-nés.
MSF en Haïti
Dans la capitale Port-au-Prince, MSF offre des soins obstétriques d’urgence à l’hôpital Jude-Anne; organise des cliniques mobiles dans les quartiers populaires de Martissant, Pelé Simon, La Saline et Solino; offre des soins d’urgence et de stabilisation à l’hôpital de Martissant. MSF soigne également les traumatismes et dispose d'un service de physiothérapie aux hôpitaux de La Trinité et Pacot, ainsi apporte un soutien psychologique aux victimes de violence sexuelle. Au nord de la capitale aux Gonaïves, à la suite de la destruction causée par les ouragans, MSF a construit des latrines, a distribué de l’eau potable, organise des cliniques mobiles et gère désormais un hôpital de 80 lits avec un service d’urgence, de maternité et de pédiatrie.
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Libellés : Haïti, Iba Bouramine, Médecins Sans Frontières
Zimbabwe: Choléra dans la capitale Harare, par Noémie Cournoyer

Médecins Sans Frontières (MSF) lutte contre une épidémie de choléra à Harare, au Zimbabwe. La plus importante jamais enregistrée selon le ministre zimbabwéen de la Santé. MSF a mis sur pied des centres de traitement du choléra à la polyclinique de Budiriro et à l’hôpital des maladies infectieuses d’Harare, où 500 patients ont été traités jusqu’à maintenant et où en moyenne 38 nouveaux patients sont admis chaque jour.
Environ 78 % des patients proviennent de Budiriro et de Glen View, deux banlieues très peuplées situées au sud-ouest d’Harare et qui totalisent une population de 300 000 habitants. L’épidémie touche également des personnes provenant des banlieues voisines Mbare, Kambuzuma, Kwanzana et Glen Norah. 1,4 million de personnes seront menacées si l’épidémie continue à se propager.
Depuis qu’il leur a été demandé d’apporter leur aide à Harare, MSF a fourni des ressources humaines, médicales et logistiques dans les deux centres de traitement du choléra. L’équipe ne cesse de grandir et compte quarante membres locaux dont du personnel infirmier, des logisticiens, des agents de désinfection et des travailleurs en hygiène de l’environnement. Ces derniers ont un rôle important dans la lutte contre la propagation du choléra dans la population : ils désinfectent les maisons des malades, recherchent les personnes avec qui ces derniers ont eu des contacts et supervisent les funérailles. Les funérailles sont en effet un facteur important de l’expansion du choléra. En effet, après avoir lavé du corps du défunt, la tradition veut que l’on serre la main aux visiteurs et que cette cérémonie soit suivie d’un repas.
Les équipes médicales sont assaillies
Precious Matarutse, le responsable MSF pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement, commente la situation : «Au centre de traitement du choléra de Budirio, nous commençons à être dépassés. Il y a tellement de patients que le personnel infirmier ne sait plus où donner de la tête. Dans la zone destinée à l’observation des patients, une fillette est décédée, assise sur un banc. Le personnel utilise toutes les pièces disponibles. Des malades qui sont encore dans la zone d’observation sont couchés à même le sol. Un homme est arrivé hier à la clinique pour être soigné. Sa femme venait de mourir à la maison, et c’est ainsi que leur entourage s’est rendu compte de la gravité de la situation. Ils ont donc amené cet homme à la clinique. Ils voulaient aussi savoir ce qu’ils devaient faire avec la dépouille de la femme. Les gens ont peur d’attraper le choléra en s’occupant des autres. Il est donc important d’intensifier l’éducation à la santé pour informer la population.»
Les défis auxquels les équipes MSF sont confrontées dans les centres de traitement du choléra couvrent plusieurs aspects. Vittorio Varisco, logisticien MSF, décrit la lutte : «Nous devons constamment relever le défi de répondre à un nombre de patients de plus en plus élevé. Or, nous commençons à manquer de place et nous n’avons pas assez de lits pour tous les patients. Aujourd’hui, les patients qui sont à l’hôpital des maladies infectieuses s'étendent dehors à même le sol; nous montons des tentes avec des lits supplémentaires pour accueillir ceux que nous ne pouvons faire entrer dans les salles.» Le Dr Bauma Ngoya, médecin MSF, explique à quel point les ressources humaines sont vitales pour une bonne prise en charge des patients et endiguer l’épidémie : «Les patients nécessitent une supervision permanente : nous devons leur assurer une hydratation adéquate, sans quoi ils ne peuvent survivre. Comme le nombre de patients continue à augmenter, nous devons continuer à recruter du personnel, que nous devons former.»
Une nouvelle urgence
Le choléra n’est pas un phénomène nouveau dans un pays comme le Zimbabwe secoué par de nombreuses crises. Le choléra est endémique dans certaines zones rurales du pays, où il survient chaque année, mais il restait rare dans les zones urbaines du pays, en tout cas jusqu’à ces dernières années. En effet, la plupart des maisons y étaient approvisionnées en eau par des canalisations traitées et étaient pourvues de toilettes à chasse d’eau. Mais, avec l’aggravation de la crise économique, les conditions de vie ne cessent de se détériorer, et ces zones urbaines sont de plus en plus touchées par la maladie. Le choléra est causé par un agent qui se transmet par l’eau contaminée par des matières fécales.
D’où sa propagation rapide lorsque les conditions de vie ne permettent pas une bonne hygiène. La réduction des infrastructures, la détérioration des conduites d'égout et les coupures d'eau sont les principaux responsables de l'épidémie, car la population est alors obligée de puiser l’eau dans des puits non protégés et de déféquer à l’air libre. Pendant la saison des pluies, qui s’étend de novembre à mars, de fortes pluies amènent l’eau stagnant des égouts vers les puits non protégés. Le fait que les récentes épidémies de choléra ont commencé bien avant les pluies indique clairement que les conditions sanitaires sont en train de se détériorer et que l’eau potable manque. Un facteur d'autant plus préoccupant avec l’arrivée de la saison des pluies.
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Libellés : Médecins Sans Frontières, Noémie Cournoyer, Zimbabwe
Congo: Tomber en proie aux violences, Marie-Êve Marineau

Alors que les combats dans le Nord-Kivu (République démocratique du Congo) font la Une de l’actualité, le district voisin du Haut-Uélé est aussi en proie aux violences. Les rebelles de la Lord Resistance Army (LRA) y font régner la terreur, pillant et brûlant les villages, enlevant les enfants et tuant les adultes. Une équipe de Médecins Sans Frontières (MSF) s’est rendue dans la ville de Dungu, attaquée par les rebelles le 1er novembre, pour évaluer les besoins de la population. Depuis le 10 novembre, une équipe médicale de MSF travaille à Dungu.
J. est menuisier et travaille au couvent de Duru, un village à de longues heures de marche de Dungu. Lui et sa femme ont cinq enfants et une jeune nièce sous tutelle. Son histoire, racontée à un membre de l’équipe MSF, illustre la détresse des populations soumises aux violences des rebelles et forcées de quitter leurs villages.
Tout a commencé vers 13 h. Je venais de couper un régime de noix de palme à 250 m du marché et de la mission et m’apprêtais à rentrer vers la mission quand un enfant du village me fit signe de ne pas m’en approcher : les LRA entouraient la mission et avaient même, selon lui, enlevé les élèves du secondaire.
Je suis rentré chez moi aussitôt et j’ai regroupé immédiatement mes six enfants et ma femme. Les quatre enfants de mon voisin qui s’était absenté se sont joints à nous et nous sommes partis nous cacher en brousse, à deux kilomètres du village. Là, près de notre champ, nous sommes restés d’abord trois jours. On pouvait se nourrir de haricots et d’aubergines que j’allais chercher au champ et que ma femme cuisinait dans des boîtes de conserve, faute de casserole.
Un garçon capturé par les LRA nous a rejoints au bout de ces trois jours. Il avait réussi à s’échapper. Selon lui, les LRA ont quitté le village vers 3 h du matin et traversé la rivière.
Avec notre voisin qui nous avait rejoints au champ, nous prenons alors la décision de retourner au village pour voir ce qui s’était passé, mais aussi pour récupérer quelques ustensiles nécessaires. Le choc a été brutal lorsque j’ai constaté que ma concession avait été entièrement brûlée : les trois cases, la paillote, la cuisine et la cabane des chèvres. Tout était brûlé. Mes six chèvres gisaient au sol, tuées à coup de feu.
«Mon voisin a pris la décision d’aller au Soudan, par la forêt, avec sa famille.»
En surmontant notre douleur, nous avons dépecé une chèvre rapidement et chacun de nous en a pris une part. J’y ajoutais aussi le reste de deux poules brûlées et chargeais tout sur mon dos avant de retourner vers notre cachette.
Mon voisin a pris la décision d’aller au Soudan, par la forêt, avec sa famille. De notre côté, mon épouse ne voulant pas aller dans ce pays pour elle inconnu, nous avons donc décidé de prendre, dès le lendemain, la direction de Dungu où j’ai de la famille.
Le lendemain était un dimanche. Vers 16 h nous avons pris la route de Dungu pour atteindre le village de Kpaika le même jour. Là, mon fils âgé de huit ans avait les jambes toutes gonflées à cause de la marche. Nous avons donc décidé de nous reposer et de passer la nuit sur place à la chapelle pour repartir au petit matin. À 4 h du matin, ce sont des coups de feu et le tumulte de gens courant dans toutes les directions qui m’ont réveillé. Nous avons décidé de fuir. Ma femme a pris sur son dos notre fille cadette et dans ses bras mon fils de huit ans et nous sommes partis en courant. Je courais le dernier avec mon fils de trois ans dans mes bras. Soudain, ma femme est tombée dans un trou. J’ai donc laissé le petit à terre pour aider ma femme à se relever. C’est à ce moment-là qu’un soldat LRA nous a repérés et s’est lancé à notre poursuite. J’ai eu à peine le temps de sortir ma femme du trou et de m’enfuir avec elle. Je réalisais alors, mais trop tard, que mon petit était resté derrière et je l’entendis hurler derrière moi. Impossible de revenir sans risquer de tous se faire prendre.
Une chance miraculeuse
De la forêt où nous sommes restés cachés, nous avons essayé de prendre des nouvelles. Les gens racontaient que de nombreuses personnes avaient été tuées à Kpaika. Vers 11 h, il y eut un silence total. Alors, nous avons entendu le chuintement des feuilles mortes provoqué par des pas, de nombreux pas. Nous nous sommes rapprochés prudemment. Ces bruits provenaient en fait de la route où passaient des personnes qui s’enfuyaient. Nous demandions à tout le monde s’ils avaient vu un petit garçon seul sur la route. Finalement, quelqu’un nous certifia avoir vu un soldat LRA porter notre enfant sur son dos. Cette nouvelle nous mit dans le désespoir. C’est alors qu’avec ma femme, nous avons décidé de sauver les cinq autres enfants en les emmenant au plus vite tout en sachant que cela nous éloignerait encore plus de notre petit garçon.
Nous avons donc suivi le mouvement général et pris le chemin de Kiliwa où nous sommes arrivés le mardi. Par une chance miraculeuse, nous avons enfin appris, à Kiliwa, que notre enfant avait été libéré, qu’une personne de bonne volonté l’avait récupéré et qu’elle serait maintenant en route avec lui vers Dungu.
Nous avons passé la nuit dehors à la belle étoile sous un manguier au bord de la route, épuisés et déshydratés, mais le cœur moins gros en pensant à notre enfant que nous espérons déjà en route. Nous avons quitté Kiliwa à 4 h du matin et nous avons marché toute la journée. Il était plus de 18 h lorsque nous sommes arrivés à Dungu. Nous y avons été accueillis chez les pères où nous sommes maintenant depuis quatre jours. Nous attendons notre petit.
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Libellés : Congo, Marie-Êve Marineau, Médecins Sans Frontières
jeudi, septembre 11, 2008
Géorgie : auprès des déplacés à Tbilissi, par Marie-Êve Marineau

L’équipe médicale de Médecins Sans Frontières (MSF) a commencé la journée par la visite d’une garderie reconvertie en centre d’accueil pour les personnes déplacées, situé dans un quartier périphérique de Tbilissi, la capitale géorgienne. La garderie Nº 9 abrite 70 personnes. Avant que les forces russes n’amorcent leur repli vers l’Ossétie du Sud, à la suite de l’accord de cessez-le-feu conclu entre la Russie et la Géorgie, il on y retrouvait 113 personnes. Des hommes sont déjà repartis dans leur village pour déterminer si un retour était possible.
La directrice de la garderie trouve très vite une pièce pour que l’équipe MSF puisse y donner des consultations. Aucune aide médicale n’était encore arrivée jusqu’ici. Des mères viennent avec leurs enfants, des personnes âgées aussi. Nino, une jeune femme enceinte, veut voir un médecin. Depuis qu’elle a quitté son village de Mereti, situé dans la province séparatiste d’Ossétie du Sud, cette jeune Géorgienne n’a pas été examinée. À huit mois de grossesse, elle pourrait accoucher avant terme. Ces dernières semaines ont été éprouvantes. Quand le conflit a éclaté le 8 août, elle a fui l’Ossétie avec sa fille de trois ans. Puis, elle est restée plusieurs jours sans nouvelles de son mari jusqu’à ce qu’il puisse la rejoindre à Tbilissi. Sa petite fille a encore peur. «Elle se réveille la nuit quand elle entend le bruit d’un avion, explique Nino. Elle pense que les bombardements recommencent.»
Dans l’ensemble, les enfants sont à l’aise dans ce nouvel environnement. On retrouve une aire de jeu dans la cour et quelques jouets. Toutes les familles reçoivent de la nourriture, du détergent à lessive… Il ne manque que des couches pour les bébés que l’équipe MSF rapportera dans l’après-midi.
Les conditions sont en revanche nettement plus difficiles dans un grand bâtiment de quatre étages situé à cent mètres de là. Quand les familles de déplacés se sont installées dans cet institut de cardiologie aujourd’hui désaffecté, il n’y avait ni eau, ni électricité. Les bureaux étaient encombrés d’équipements de laboratoire. «On a tout fait nous-mêmes, explique un homme. On a branché des tuyaux en plastique pour qu’il y ait de l’eau dans quelques éviers et toilettes et on a raccordé des fils électriques.» Quant à l’approvisionnement en nourriture, il reste très aléatoire. Les 92 personnes qui habitent là reçoivent, de temps à autre, du pain et des saucisses ainsi que des rations fournies par d’autres organisations.
Après s’être informée sur la situation, l’équipe de MSF commence ses consultations, essentiellement des femmes, des enfants et des personnes âgées. Comme les médecins ont apporté un stock de médicaments, ils peuvent donner ce qu’il faut aux patients. Il faudra revenir dans l’après-midi pour distribuer à toutes les familles des trousses hygiéniques (savon, détergent à lessive, seau, dentifrice…) et quelques trousses pour bébés.
À Tbilissi, les équipes de MSF ont commencé, le 14 août, à faire le tour des sites d’hébergement des personnes déplacées pour y apporter une aide médicale. Ici, c’était leur première visite. Elles retournent régulièrement dans tous les sites pour assurer un suivi médical et permettre notamment aux personnes souffrant de maladies chroniques de poursuivre leur traitement.
Libellés : Géorgie, Marie-Êve Marineau, Médecins Sans Frontières, Russie
Haïti : MSF porte secours aux Haïtiens et évalue les besoins après le passage de cyclones successifs, par Noémie Cournoyer

D’après les autorités, 25 000 à 30 000 habitations ont été détruites et plus de 400 personnes auraient perdu la vie. L’accès aux vivres et à l’eau potable est extrêmement limité, et une grande partie des cultures a été détruite.
Le jeudi 4 septembre, une équipe de MSF, composée de huit personnes (médicales et non médicales) est arrivée aux Gonaïves pour nettoyer le centre de santé de Rabouteau, seule structure de santé en état de fonctionner (sur quatre centres de santé et un hôpital) après les inondations. Grâce à l’appui de la population locale, MSF a pu nettoyer les locaux, apporter des médicaments et remettre la salle d’opération en service. Le vendredi 5 septembre, MSF a reçu 110 personnes en consultation, soigné 49 blessés et pratiqué 16 opérations.
Samedi, suite à une alerte des autorités concernant l’arrivée du cyclone Ike, des milliers de personnes ont quitté la ville. Le centre de santé de Rabouteau, que MSF soutien, reste la seule structure de santé opérationnelle dans la ville.
L’absence d’eau potable est très inquiétante pour les habitants. Toutes les sources d’eau ont été contaminées à la suite des inondations. À ceci s’ajoute le fait que la plupart du personnel médical local a fuit la ville.
MSF n’a pas été en mesure de se rendre dans de nombreux quartiers rendus inaccessibles par les inondations et ne peut donc évaluer correctement les besoins de la population.
Samedi, un médecin de MSF s’est rendu à Saint Michel de l’Atalaye, où 400 personnes étaient bloquées depuis 5 jours sans eau ni nourriture. MSF a pu transporter un enfant aux Gonaïves pour y être opéré et a distribué de l’eau et des vivres provenant du Programme alimentaire mondial.
Une équipe de trois personnes s’est rendue au Cap Haïtien pour évaluer les capacités de réponses en cas d’urgence et établir des contacts au niveau local pour pouvoir évaluer les besoins immédiatement après le passage de l’ouragan Ike. Les équipes de MSF n’ont pas été capables d’atteindre de nombreuses parties inondées dans l’est de la région. On a signalé que les hôpitaux et les structures de santé ont été sérieusement endommagés dans cette zone.
Aujourd’hui, les zones inondées comprises entre les Gonaïves, Port de Paix et Cap Haïtien restent inaccessibles, et des localités comme Enry ou Gros Morne, qui ont été durement touchées par Hanna, n’ont reçu aucune assistance. MSF tente toujours d’y accéder, mais l’arrivée du cyclone Ike risque de compliquer leurs efforts.
MSF continue ses activités à Port-au-Prince. L’organisation offre des services médicaux et chirurgicaux au centre La Trinité, des services obstétriques d’urgence à l’hôpital Jude Anne et des services d’urgence et autres services de santé essentiels par le biais de ses cliniques mobiles dans le bidonville de Martissant. Une équipe mobile s’est rendue dans le bidonville de la Saline plus tôt cette semaine.
Ike, cyclone de catégorie 4, a déjà atteint Haïti, et les pluies ont commencé à tomber de nouveau.
Libellés : Haïti, Médecins Sans Frontières, Noémie Cournoyer
mercredi, août 27, 2008
65 blessés par balle lors d’un incident dans un camp de déplacés au Darfour, par Iba Bourramine
MSF évacue en ce moment 47 patients de la clinique vers l’hôpital de Nyala, à environ 17 km. Plus de la moitié des patients admis à la clinique sont des femmes et des enfants. 
Les tirs d’aujourd’hui suivent des semaines de tension montante au camp Kalma et ses environs. Au cours des récentes semaines, près de 6000 familles ont été déplacées à la suite d’une inondation et d’une pénurie d’eau potable causée par un manque d’essence pour faire fonctionner les pompes.
MSF travaille au camp Kalma depuis mai 2004. Le personnel y gère un service de consultations externes et un centre de santé des femmes. Un programme de santé mentale est offert pour répondre aux expériences traumatiques et au stress qu’a vécu la population. L’équipe MSF répond aussi aux besoins urgents des nouveaux arrivants.
Libellés : Iba Bouramine, Médecins Sans Frontières, Soudan
vendredi, août 22, 2008
MSF porte assistance aux personnes déplacées par le conflit et cherche toujours à accéder à l’Ossétie du Sud, par Noémie Cournoyer

À ce jour, Médecins Sans Frontières (MSF) est toujours incapable de se rendre en Ossétie du Sud, région où a éclaté le conflit, afin d’y procéder à sa propre évaluation des besoins des populations et pour y offrir de l’aide humanitaire et des soins médicaux si nécessaire.
Au cours des trois derniers jours passés en Géorgie, MSF a procédé à l’évaluation de dix camps de déplacés parmi ceux installés dans la ville de Gori et la vingtaine installés dans la ville de Tbilissi et ses alentours. Des centaines de personnes y logent dans des édifices publics dont les installations sanitaires et l’approvisionnement en eau potable sont insuffisants. Les équipes mobiles de MSF distribuent des biens de première nécessité et prodiguent des soins médicaux dans huit de ces camps, venant ainsi en aide à plus de 3200 personnes déplacées. Nos équipes poursuivront leur tournée des camps de la région.
Une équipe de MSF qui travaille dans la ville de Zougdidi en Géorgie occidentale a procédé à des évaluations dans la ville portuaire de Poti ainsi qu’en Adjarie, autre région côtière du pays. L’équipe a constaté que les autorités sanitaires locales maîtrisaient la situation, mais MSF se tient prête à intervenir au besoin.
MSF poursuit ses programmes de traitement de la tuberculose multirésistante (TB-MR) à Soukhoumi (Abkhazie) et à Zougdidi (Géorgie occidentale), mais s’inquiète du fait que certains patients du programme de Zougdidi ont dû interrompre leur traitement au plus fort du conflit. En effet, cette interruption risque non seulement d’entraîner des complications pour les patients eux-mêmes, mais pourrait également provoquer un problème de santé publique à cause de la forte contagion de la TB MR.
Des milliers de personnes ont fui l’Ossétie du Sud et ont traversé la frontière russe pour se réfugier dans la zone frontalière où elles ont reçu de l’aide des autorités locales. MSF s’est rendue dans plusieurs camps de réfugiés des régions de l’Ossétie du Nord et de la Kabardino-Balkarie où les gens se sont installés dans des édifices publics comme des écoles ou des sanatoriums. Les besoins immédiats y étaient comblés par les autorités locales et grâce à l’important soutien de la collectivité.
MSF a fait don de produits d’hygiène et de jouets dans deux sites de réfugiés à Naltchik en Kabardino-Balkarie. Des 350 réfugiés que l’on y retrouve, 200 sont des enfants. MSF se tient prête à fournir davantage d’aide à la population si le besoin s’en fait sentir.
Libellés : Médecins Sans Frontières, Noémie Cournoyer
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