dimanche, mars 07, 2010

 

De la nécessité urgente et impérieuse d’une religion athée, par Marie-Êve Martineau



Croire en Dieu et en une vie après la mort, c’est de la pure (petite) folie. Celui qui croit simplement (sans prosélytisme) est une victime. Alors que celui qui enseigne et diffuse les religions est un fou dangereux.

Pourquoi ? Pourquoi tant d’intolérance de ma part ?

Croire sans preuves ni explications est le propre de l’enfant. Naturellement, parce qu’il serait trop long de leur expliquer, et parce que leur raison (le raisonnement) n’est pas encore, pour la plupart, suffisamment développé. C’est un produit de l’Evolution : seuls ceux qui ont cru et obéi sans réfléchir ont survécu et ont donc transmis leurs gènes. Malheureusement, au passage à l’âge adulte, nombre d’entre eux continuent de croire à tout ce qu’on leur dit, sans trop réfléchir… et une petite partie d’entre eux ont bien compris l’avantage de profiter de cette crédulité et obéissance. D’où le partage classique de la société des hommes entre ceux qui ont le pouvoir, ceux qui s’occupent de la religion, et les autres, tous les autres, plus ou moins esclaves mais surtout producteurs de richesses consommées par les deux premières classes.

Croire en Dieu, cela fait surtout partie d’une vie en communauté et de profiter d’un ensemble de règles à respecter et de l’entraide des autres. Bref, une Religion, c’est principalement un liant permettant à une communauté de rester soudée. Au prix de balivernes et d’une petite folie, chacun était heureux de se sentir appartenir à un groupe qui le protège, même si c’est au prix de la perte de sa réelle liberté… car, en ces temps-là, être libre, c’est être seul, chassé du groupe, condamné à l’errance et à la mort.

Mais les temps ont changé. La notion de communauté, autrefois limitée à un petit groupe d’hommes, puis à une tribu, puis à une petite nation, a explosé et ces religions, parce qu’elles sont naturellement expansives et envahissantes, ont conquis d’autres peuples et d’autres territoire, souvent par la force, mais parfois aussi parce qu’elles apportaient une amélioration pour d’autres peuples. Enfin, « amélioration » s’entend par rapport à un petite différence ou par une notion différente du bien et du mal…

Et, dans ce schéma, nulle place donc pour l’Athée, pour celui qui a compris la folie originelle de l’Homme et qui désire régler sa vie clairement face à l’inéluctable : sa mort. Nulle place pour l’incroyant, pour le mécréant, pour … les mots sont nombreux pour désigner le traitre, celui qui a critiqué les dogmes, celui qui a osé dire ce qu’il pense, celui qui a osé montrer aux autres dans quelle folie ils sont. Car, pour celui qui croit, comprendre et admettre qu’il s’est trompé toute sa vie lui est insupportable ; car que pourra-t-il dire à ses enfants ? qu’il s’est trompé ? car que pourra-t-il dire à ses parents ? qu’ils se sont trompés et qu’ils ont été trompés ? et comment pourra-t-il vivre une fois rejeté par sa communauté ? à supposé qu’ils ne le tuent pas avant qu’il aille propager la mauvaise parole…

Donc, pour ceux qui veulent vivre hors de la folie de Dieu, ils sont condamnés à perdre le bénéfice et le réconfort et l’aide d’une communauté. Les voilà « perdus », seuls, devant rechercher dans la foule l’amitié d’autres personnes qui, comme eux, ont compris la folie des Hommes, et veulent s’en préserver, eux et leur famille. Mais, face au prosélytisme sournois et continuel des religions, même pour celles d’entre elles qu’on pourrait croire les plus affaiblies ou les plus sages, ils sont bien désarmés. Alors, pour eux, pour satisfaire le besoin grégaire qu’a l’Homme de se retrouver entre égaux et coreligionnaires, il ne reste plus que la solution de se regrouper dans une nouvelle sorte d’Eglise, athée, dont le but est d’apporter à ses membres tout ce dont les Hommes ont naturellement besoin : le regard aimant ou bienveillant d’amis, la solidarité, le soutien dans l’épreuve, l’apport d’une culture et d’une réflexion sur la vie, le monde et la mort : une spiritualité athée, ainsi que des rites pour toutes les grandes étapes de la vie d’un Homme : naissance, passage à l’adolescence, passage à la vie d’adulte, décision de fonder un foyer, séparation et vie après le départ des enfants, maladie, vieillesse, et la mort. Nous avons tous besoin de cela. Mais sans croire bêtement à un Dieu bienveillant ou à une vie rassurante après notre mort. Il ne s’agit pas de mettre la raison en avant. Car la raison de l’Homme est bien faible face à ce que ses mécanismes inconscients l’amènent à faire. Mais il s’agit de passer à une autre étape. Le temps des croyances imbéciles est passé. Face à ce nouveau monde, rempli de Sciences mais aussi de dangers pour notre survie en temps qu’espèce, il faut inventer et mettre en place une nouvelle façon de vivre ensemble, dans laquelle la spiritualité a une place importante, et débarrassée des idées stupides, qu’elles soient judéo-chrétiennes ou bouddhistes, ou hindous, ou communistes, ou … Sinon, il est certain que, sans organisation en communautés athées fortes, la folie religieuse reconquerra du terrain et fera de nouveau payer au prix fort les athées de leur désir d’avoir la liberté de penser et d’oser dire clairement ce qu’ils pensent de la folie de mettre tous ses espoirs en une vie après la mort.

Lien

Libellés : ,


jeudi, décembre 03, 2009

 

Culte de la personnalité excessif dans des écoles américaines ?, par Marie-Êve Martineau


Des parents américains de plusieurs États (New Jersey, Maryland) se plaignent de la politisation excessif de leurs écoles primaires. On ferait, en effet, chanter les enfants des odes à la gloire d'Obama. Une des chansons, qui reprend un air bien connu aux États-Unis, remplace le nom de Jésus par celui d'Obama.

Dans le cas de l'école du New Jersey le directeur a d'abord refusé de commenter la vidéo se bornant à condamner la captation de la vidéo... On apprend, par ailleurs, que la chanson qui vante également la parité salariale faisait partie des célébrations du Mois de l'histoire noire aux États-Unis.







Paroles de la première chanson

Mm, mmm, mm!
Barack Hussein Obama

He said that all must lend a hand
To make this country strong again
Mmm, mmm, mm!
Barack Hussein Obama

He said we must be fair today
Equal work means equal pay
Mmm, mmm, mm!
Barack Hussein Obama

He said that we must take a stand
To make sure everyone gets a chance
Mmm, mmm, mm!
Barack Hussein Obama

He said red, yellow, black or white
All are equal in his sight
Mmm, mmm, mm!
Barack Hussein Obama

Yes!
Mmm, mmm, mm
Barack Hussein Obama



Paroles de la deuxième chanson

Hello, Mr. President we honor you today!
For all your great accomplishments, we all doth say "hooray!" [en février 2009 ?]

Hooray, Mr. President! You're number one!
The first black American to lead this great nation!

Hooray, Mr. President we honor your great plans
To make this country's economy number one again!

Hooray Mr. President, we're really proud of you!
And we stand for all Americans under the great Red, White, and Blue!

So continue ---- Mr. President we know you'll do the trick
So here's a hearty hip-hooray ----

Hip, hip hooray!
Hip, hip hooray!
Hip, hip hooray!

Lien

Libellés : , , , ,


dimanche, novembre 15, 2009

 

Les garçons, sexe faible à l'école, par Marie-Êve Marineau


Sauvons les garçons !, de Jean-Louis Auduc, s'inscrit non pas contre mais dans le droit-fil d'Allez les filles ! (Seuil, 1992) et de Quoi de neuf chez les filles ? (Nathan, 2007), des sociologues Christian Baudelot et Roger Establet.

Si les inégalités sociales dans l’accès à l’instruction sont désormais interrogées et donnent lieu à la mise en place de politiques publiques, il existe une autre fracture largement passée sous silence. Pourtant, là encore, les chiffres sont écrasants : garçons et filles ne sont pas égaux en classe. Sur les 150 000 jeunes sortant sans aucune qualification du système éducatif dont les médias nous parlent fréquemment, on ne dit pas que plus de 100 000 sont des garçons. Dès l’école primaire, les garçons manifestent un retard dans l’acquisition de la lecture et de l’écriture et engorgent les structures pour élèves en difficulté ou coupables de comportements violents. La fracture sexuée est souvent plus signifiante que la fracture sociale dans l’analyse des parcours scolaires. Les études traditionnelles, développées en termes d’inégalités économiques et culturelles, doivent évoluer pour faire une place à cette réalité dérangeante. L’échec scolaire a un sexe. Prétendre résoudre ce problème sociétal sans prendre en compte l’une de ses principales caractéristiques est illusoire.

Un mauvais score qui perdure du primaire au supérieur, puisque sept femmes sur dix ont un bac ou un diplôme postbac, contre six hommes sur dix. Selon des chiffres 2008-2009 du ministère de l'éducation, les filles sont 31 % à décrocher une mention bien ou très bien au bac S (qui n'attirent pas les scientifiques, mais les forts), contre 24 % de garçons.

Pourquoi un tel écart et un tel échec ? « Les filles, peu ou mal reconnues dans la maison, ont surinvesti dans l'école et elles y sont reconnues, explique l'auteur, directeur adjoint de l'IUFM de Paris-XII-Val-de-Marne à Créteil. A l'inverse, les garçons sont souvent reconnus dans leur famille, mais ils vivent une crise identitaire à l'école. (...) La conviction de leur supériorité confronte les garçons à des contradictions insolubles en ne se traduisant pas par une supériorité intellectuelle sur les filles de leur classe. »

Notons tout de suite que la précocité physique évidente des filles ne semble pas avoir effleuré l'auteur comme une explication possible sur la différence des résultats entre garçons et filles, pas plus que le fait que l'école valorise des attitudes traditionnellement « féminines » : l'écoute et l'obéissance.

Résultat pour l'auteur : les garçons sont amenés à dévaluer les savoirs scolaires et à se rebeller contre l'école. La spirale de l'échec est amorcée. Elle se vérifie jusque dans l'orientation, où les filles sont sous-représentées dans les filières dites courtes (CAP, BEP, bac STI, bac pro, etc.) En revanche, elles sont surreprésentées dans le supérieur, à l'exception des filières d'excellence, où les garçons repassent devant elles.

En effet, en dépit de parcours scolaires meilleurs, les filles choisissent moins fréquemment qu'eux les filières de l'élite. Une situation qui serait liée à un « atavisme culturel » qui empêche de « bousculer les frontières du masculin et du féminin à l'intérieur de la famille » selon l'auteur. Rappelons que, selon d'autres auteurs, il s'agit simplement d'une stratégie pour choisir des carrières qui permettront maternité et emploi (en évitant les domaines où les savoirs deviennent vite périmés). Selon une étude (de mars 2009) de la Caisse nationale d'allocations familiales, les deux tiers du travail parental et ménager reposent sur les femmes.

Pour l'auteur, la famille - celle qui élève et celle qu'on reproduit -, la voilà, la grande fautive... « Les discriminations professionnelles ne trouvent plus leurs racines dans les inégalités institutionnelles, que ce soit à l'école ou dans les lois, mais dans l'intimité des foyers et des consciences », écrit l'auteur. Des discriminations qui reposent sur des images traditionnelles des deux sexes et qui ont de fortes répercussions sur la scolarité des uns et des autres. On ne comprend cependant pas en quoi la lutte voulue par lutte contre ces stéréotypes résoudraient les problèmes des garçons !

L'auteur prétend que le fait de moins stimuler oralement que physiquement les garçons (qu'on souhaite plus forts) a une influence directe sur une acquisition du langage plus lente chez les enfants de sexe masculin. Et donc sur leur scolarité. On se demande qui véhicule ici les stéréotypes.

Beaucoup de garçons « ne se relèvent jamais du stéréotype que concrétise souvent l'éducation parentale selon lequel la communication verbale est une compétence essentiellement féminine », remarque Jean-Louis Auduc. À l'opposé, l'image de la femme, véhiculée dans certains milieux, « contribue à développer chez les filles des capacités d'écoute et d'ordre qui seront des atouts à l'école ». Et dans la société ? Un constat d'autant plus vrai à mesure que l'on descend dans l'échelle sociale, et finalement plus préjudiciable aux garçons des milieux défavorisés. Rois chez eux, ils sont désavoués à l'école, où, selon l'auteur, la mentalité machiste les place en position de rebelles, donc de refus et d'échec. Bref, si les garçons ne réussissent pas c'est parce que les garçons ne sont pas éduqués comme des filles.

Comment sortir de cette situation ? Pour l'auteur, en luttant contre les stéréotypes machistes et en limitant paradoxalement la mixité, propose l'auteur, qui ne milite pas pour autant en faveur du retour des classes unisexes, mais s'interroge « sur la pertinence de quelques activités où, pour mieux gérer la totalité de la classe, garçons et filles seraient séparés ».

Hypothèse pessimiste pour Le Monde mais pas irréaliste : on peut aussi imaginer que l'écart entre les genres diminuera avec la poursuite de la montée en puissance des filles. À force de se rapprocher des positions sociales des garçons, elles en adopteront aussi les codes et développeront à leur tour les aspects pervers encore propres aux stéréotypes du sexe « fort ». Mais s'agirait-il d'une victoire pour elles »?

C’est au portrait de cette douloureuse adaptation masculine à l’école que cet essai se consacre. Il s’agit de comprendre les raisons sociales et culturelles qui prédisposent les garçons à l’échec et les filles à la réussite afin de proposer des solutions concrètes à ce problème collectif.

Source : Le Monde et l'éditeur

Lien

Libellés : , ,


dimanche, octobre 04, 2009

 

Kamal Meddane, le plus jeune délinquant dangereux au Québec, par Marie-Êve Marineau


Kamal Meddane est devenu aujourd'hui le plus jeune criminel au Québec, et l'un des plus jeunes au Canada, à être déclaré délinquant dangereux par un juge, une peine d'exception, la plus lourde prévue au Code criminel.

Le juge Patrice Hurtubise a rendu cette décision cet après-midi en chambre de la jeunesse de Montréal. Kamal Meddane avait 14 ans lorsqu'il a commis sa première agression sexuelle. À 16 ans, il a récidivé, cette fois avec beaucoup de violence. C'est à cet âge qu'il a refusé une première thérapie pour les agresseurs sexuels. Il en a refusé trois au total.

À 17 ans, alors qu'il était en suivi probatoire, il a fait trois nouvelles victimes. La plupart de ses victimes sont des adolescentes de 13 ans aux airs fragiles qu'il choisit au hasard dans un autobus ou une station de métro. Il a forcé l'une d'elles à le regarder se masturber. Il en a violé une autre sans condom.

Dans ces trois derniers cas, il a plaidé non coupable. Au terme du procès, le juge Hurtubise l'a reconnu coupable de toutes les agressions. La Couronne, représentée par Me Sylvie Lemieux, a ensuite demandé au juge d'imposer une peine applicable aux adultes, ce à quoi le magistrat a consenti. C'est pourquoi les médias peuvent l'identifier, même s'il a commis ses crimes alors qu'il était encore adolescent.

Le juge Hurtubise a ainsi ordonné l'incarcération de Meddane pour une durée indéterminée. Il purgera au moins sept ans de prison, puis fera l'objet d'une évaluation tous les deux ans, pour déterminer s'il est apte à sortir ou non.

Le jeune homme a une «déviance sexuelle de type sadique», selon le psychiatre Louis Morissette qui l'a évalué à la demande de la Couronne. Il se sert de la violence et de l'humiliation pour agresser des adolescentes pubères et des femmes. Meddane n'a pas de maladie mentale grave ni de problème de toxicomanie ou d'alcool. Le jeune homme était un cancre à l'école et a refusé toutes les démarches proposées pour trouver un emploi. Il a une «haute estime de lui-même» et il manque d'empathie, toujours selon le médecin.

Meddane était détenu depuis son arrestation, en avril 2007. Il est en attente d'un procès dans une autre cause d'agression sexuelle, devant un tribunal pour adultes cette fois. Sa mère et son frère étaient dans la salle d'audience cet après-midi, de même qu'une de ses victimes. Sa mère s'est effondrée en larmes au prononcé de la sentence.

Lire aussi:

La Couronne veut faire déclarer un jeune violeur délinquant à contrôler par Christianne Desjardin, (La Presse le 21 mai 2009)

Extrait:«Ça me valorisait de voir que les victimes pouvaient avoir peur», a-t-il expliqué, hier. Au début, il s'agissait d'attouchements. Mais au fil du temps, les agressions ont gagné en gravité, allant jusqu'au viol. Aîné d'une famille de huit enfants, il vivait avec toute sa famille dans un cinq-pièces, à Montréal-Nord.

Lien

Libellés : , ,


vendredi, septembre 04, 2009

 

SADC : Il faut insister pour que le Zimbabwe mette en œuvre des réformes en matière de droits humains, par Marie-Êve Marineau



(Johannesburg) - Les dirigeants d'Afrique australe devraient insister auprès du gouvernement de coalition du Zimbabwe pour que cessent les violations des droits humains et pour qu'il mette en œuvre des réformes légales, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Les chefs des Etats membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) se réuniront en sommet à Kinshasa, en République démocratique du Congo, les 7 et 8 septembre 2009.

Le rapport de 20 pages, « Faux espoirs : L'échec du gouvernement de coalition du Zimbabwe à améliorer la situation des droits humains », souligne le manque de réformes en matière de droits réalisés par le gouvernement de transition au cours des six mois écoulés depuis sa création. L'ancien parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (ZANU-PF), a fait preuve d'un manque de volonté politique pour effectuer des changements et il détient davantage de pouvoir que le Mouvement pour un changement démocratique (MDC), l'ancien parti d'opposition et maintenant partenaire au gouvernement. Les membres de la police, procureurs et fonctionnaires des tribunaux partisans de la ZANU-PF engagent des poursuites pour raisons politiques contre des militants et des législateurs du MDC, et manquent à leur devoir de garantir la justice pour les victimes d'exactions ou de faire en sorte que les auteurs de violations des droits humains rendent compte de leurs actes.

« Les dirigeants d'Afrique australe devraient cesser de voir tout en rose lorsqu'il s'agit du Zimbabwe », a observé Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique à Human Rights Watch. « Les dirigeants de la région doivent faire pression sur le Zimbabwe ouvertement et publiquement pour qu'il entreprenne des réformes en matière de droits humains et pour empêcher le pays de retomber dans la violence et le chaos appuyés par l'Etat. »

Lors du sommet de la SADC, il est prévu que les chefs d'Etat évaluent le respect par le Zimbabwe d'un certain nombre de décisions rendues par le tribunal de la SADC sur des saisies illégales de terres au Zimbabwe. Il est également prévu que le Président de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, actuel président de la SADC, informe les dirigeants sur les progrès accomplis par le gouvernement de coalition du Zimbabwe, qui est en place depuis le mois de février. Ce gouvernement a été créé par un accord négocié par la SADC en septembre 2008, faisant suite à une période au cours de laquelle la ZANU-PF et ses alliés ont déchaîné une campagne de violence pour empêcher une victoire électorale du MDC.

Dans son nouveau rapport, Human Rights Watch demande aux dirigeants d'Afrique australe d'arracher au gouvernement du Zimbabwe des engagements concrets en matière de droits humains et de les associer à des critères spécifiques de progression selon un calendrier précis. Les participants au sommet sont également appelés à faire part de leurs préoccupations à propos de l'échec du Zimbabwe à promulguer des réformes institutionnelles et législatives fondamentales capables de garantir l'Etat de droit ainsi que les droits fondamentaux des Zimbabwéens.

« Les dirigeants de la SADC devraient se tenir aux côtés du peuple du Zimbabwe en appelant à des réformes urgentes pour répondre à la crise du pays sur les plans politique et des droits humains », a insisté Georgette Gagnon. « Sans ces changements nécessaires, le gouvernement de coalition du Zimbabwe restera bâti sur du sable. »

Lien

Libellés : , ,


jeudi, avril 30, 2009

 

Taisez-vous, sinon vous allez nuire à notre fausse harmonie, par Marie-Êve Marineau


Ce genre d’initiative, toujours fondée au départ sur de bonnes intentions, finit invariablement par se transformer en monstrueuse Commission pour la propagation de la Vertu et la répression du Vice sous l’impulsion des forces islamogauchistes... On le voit au Canada, où les commissions des droits de la personne se sont autoproclamées gardiennes du Bien et menacent la démocratie et nos libertés. On l’a vu au Québec avec le document ahurissant joint au rapport Bouchard-Taylor recommandant que les médias se mettent au service de l’Utopie du Bien et de l’Harmonie totale... et tous en coeur, chantons Kumbaya !

L’Australie mettra en place la censure obligatoire d’Internet

L’Australie s’ajoutera à la Chine comme pays qui implante la censure obligatoire de l’Internet, aux termes d’un programme mis de l’avant par le gouvernement fédéral.

Ces révélations sont ressorties lorsque les géants américains de la technologie, Google, Microsoft et Yahoo, et une coalition de groupes de défense des droits de l’homme et d’autres groupes ont dévoilé un code de conduite visant à protéger la liberté d’expression et la vie privée sur Internet.

Le gouvernement a déclaré qu’il ne permettra pas que les utilisateurs d’Internet aient l’option de se retirer du filtre internet national proposé.

Le programme a d’abord été conçu comme un moyen de lutter contre la pornographie juvénile et les contenus pour adultes, mais il pourrait être étendu aux sites Web controversés sur l’euthanasie ou l’anorexie.

Le ministre des Communications Stephen Conroy a dévoilé le programme de censure obligatoire au comité du Sénat sur les estimés, alors que le Global Network Initiative, qui réunit des sociétés importantes, des organisations des droits de l’homme, des universitaires et des investisseurs, ont demandé aux entreprises de technologie qu’elles s’engagent à « protéger la liberté d’expression et le droit à la vie privée de leurs utilisateurs ».

M. Conroy a dit que des essais devaient être réalisés, mais « nous parlons d’un blocage obligatoire, lorsque c’est possible, de contenus illégaux ».

La proposition de « Net Nanny » devait à l’origine offrir aux Australiens qui voulaient un accès non censuré au Web la possibilité de contacter leur fournisseur de services Internet pour être exclus de ce service.

Human Rights Watch a condamné la censure sur Internet, et a fait valoir au Sénat américain qu’il « existe un réel danger d’un rideau virtuel divisant l’internet, tout comme le rideau de fer l’a fait lors de la guerre froide, parce que certains gouvernements craignent le potentiel de l’Internet, et veulent le contrôler ».

Des groupes comprenant la System Administrators Guild of Australia et Electronic Frontiers Australia ont attaqué la proposition, disant qu’elle restreindrait injustement l’accès des Australiens au Web, qu’elle ralentirait la vitesse d’Internet et augmenterait le prix de l’accès à Internet.

Colin Jacob, membre du conseil de EPT, a déclaré que le filtre aurait peu d’effet sur le contenu illégal sur Internet, y compris la pornographie impliquant des enfants, parce qu’il ne couvrirait pas les réseaux de partage de fichiers.

« Si le gouvernement annonçait clairement qu’il entend seulement cibler la pornographie juvénile, ce serait un tout autre débat », a-t-il dit.

L’initiative des sociétés de technologie, qui fait suite à des critiques que ces entreprises ont été collaboré à la censure de l’Internet dans des pays comme la Chine, les oblige à interpréter de façon restrictive les demandes d’information ou de censure du gouvernement et à lutter pour réduire leur collaboration au minimum.

L’initiative offre une approche systématique pour « œuvrer ensemble pour résister à des efforts déployés par les gouvernements qui cherchent à mobiliser les entreprises dans des actes de censure et de surveillance qui violent les normes internationales », ont dit les participants.

Dans une déclaration, le co-fondateur et président de Yahoo, Jerry Yang, se félicite du nouveau code de conduite.

« Ces principes fournissent une précieuse feuille de route pour des sociétés comme Yahoo qui opèrent dans des marchés où la liberté d’expression et la vie privée sont injustement restreints », a-t-il dit.

« Yahoo a été fondé sur la conviction que la promotion de l’accès à l’information peut enrichir la vie des gens, et les principes que nous dévoilons aujourd’hui reflètent notre détermination que nos actions correspondent à nos valeurs dans le monde entier ».

Yahoo a été propulsé à l’avant-scène de la question des droits en ligne après que la société californienne ait aidé la police chinoise à identifier les cyber-dissidents dont le crime supposé était d’exprimer leurs opinions en ligne.

La Chine exerce un contrôle strict sur l’internet, elle bloque des sites liés à des dissidents chinois, au mouvement spirituel banni Falun Gong, au gouvernement tibétain en exil et ceux qui ont des informations sur le massacre de 1989 à Tienanmen.

Un certain nombre de sociétés américaines, y compris Microsoft, Cisco, Google et Yahoo, ont été traînées devant le Congrès américain au cours des dernières années et accusées de complicité dans la construction de la « Grande muraille pare-feu de Chine ».

Le Australian Christian Lobby a toutefois accueilli le programme avec satisfaction.

Le directeur général Jim Wallace a dit que ces mesures étaient nécessaires. « La nécessité d’empêcher l’accès à des contenus grossiers et à la pornographie juvénile doit être placée au-dessus du désir de l’industrie de voir un accès sans restriction », a dit M. Wallace.

Le Comité pour la protection des journalistes vient de publier la liste des 10 pires pays au monde pour les bloggers. La culture Internet est en pleine expansion dans plusieurs pays d’Asie et du Moyen-Orient, entraînant une répression agressive par certains gouvernements. Trois de ces pays sont membres du Consel des droits de l’Homme de l’ONU, soit la Chine, Cuba et l’Égypte.

« Les bloggers sont à l’avant-garde de la révolution de l’information et leur nombre est en pleine expansion », a déclaré le Directeur exécutif de CPJ, Joel Simon. « Mais les gouvernements apprennent très vite à retourner la technologie contre les bloggers par la censure, la restriction à l’accès Internet et l’extraction des renseignements personnels. Quand tout le reste échoue, les autorités jettent tout simplement quelques bloggers en prison pour intimider le reste de la communauté Internet et les contraindre au silence ou à l’auto-censure. »

Voici la liste des pires prédateurs de la liberté d’expression en ligne :

1. Birmanie
2. Iran
3. Syrie
4. Cuba
5. Arabie saoudite
6. Vietnam
7. Tunisie
8. Chine
9. Turkménistan
10. Égypte


IRAN: A Nation Of Bloggers from ayrakus on Vimeo.

Libellés : , ,


jeudi, avril 16, 2009

 

Un jeune Sikh est reconnu non coupable de voies de fait armées avec un kirpan, par Marie-Êve Marineau


MONTREAL — Un adolescent sikh de Montréal a évité de se retrouver avec un casier judiciaire lorsqu’il a obtenu une absolution inconditionnelle, mercredi, après avoir été reconnu coupable d’un chef de voies de fait avec une épingle de métal utilisée par les membres de sa religion pour fixer les cheveux dans le turban.

La communauté sikhe locale a été soulagée d’apprendre que le magistrat appelé à juger cette affaire a également acquitté le garçon de 13 ans de deux autres accusations, dont une relative au port du kirpan, symbole religieux habituellement enveloppé dans du tissu et porté à la ceinture sous les vêtements.

Le juge Gilles Ouellet, du Tribunal de la jeunesse, à Montréal, a affirmé que les témoignages contradictoires avaient créé suffisamment de doute pour que le jeune accusé soit acquitté de ces accusations.

Le jugement a provoqué un soupir de soulagement parmi les membres de la communauté sikhe, qui ont vu le kirpan faire l’objet d’un examen public ces dernières années.

"La communauté est heureuse que cette affaire n’ait rien à voir avec le kirpan", a affirmé Ishan Singh, un ami de la famille de l’accusé.

"Le kirpan n’a jamais été et ne sera jamais une arme menaçante. Le kirpan est un objet religieux, et il est sacré pour notre culture et notre religion, et (le jugement) est donc un soulagement pour la communauté", a-t-il ajouté.

Toutefois, le juge Ouellet a affirmé que "techniquement", il y avait suffisamment de preuves pour que le jeune soit reconnu coupable d’un chef de voies de fait.

Néanmoins, le magistrat a expliqué avoir accordé une absolution inconditionnelle à l’accusé parce que le moment était venu pour tout le monde de passer à autre chose.

Cela signifie que l’adolescent ne se retrouvera pas avec un casier judiciaire.

Les accusations avaient été portées après que deux adolescents eurent allégué que le jeune les avait menacés avec une épingle à cheveux et un kirpan.

L’accusé avait plaidé non coupable à trois chefs d’accusation de voies de fait - un avec le kirpan, deux avec l’épingle à cheveux - devant le juge Ouellet, et avait nié avoir utilisé ces objets comme armes.

L’avocat de la défense, Julius Grey, avait déclaré que les deux présumées victimes avaient "fabriqué une histoire de toutes pièces".

En 2006, la Cour suprême du Canada s’était prononcée en faveur du port du kirpan à l’école, sous certaines conditions, notamment que l’arme symbolique soit enveloppée dans un étui cousu et dissimulée sous les vêtements.

Globe and Mail : « Le kirpan a été remis à l’adolescent mercredi, mais l’épingle à cheveux a été détruite ».

Lien

Libellés : , , , ,


samedi, avril 04, 2009

 

Les talibans qui ont enlevé la canadienne pro-djihad de Vancouver disent qu’ils vont l’exécuter dimanche, par Marie-Êve Marineau


Les militants talibans qui détiennent la canadienne Khadija Abdul Qahaar dans la région tribale du Nord Waziristan ont distribué un flyer vendredi dans lequel ils menacent de la tuer si leur demande de rançon n’est pas satisfaite demain (dimanche).

Les militants avaient déjà donné jusqu’au 31 mars pour le paiement d’une raçon de 2 millions de dollars. Ils ont ensuite prolongé le délai jusqu’au 3 avril. Ils avertissent maintenant que la nouvelle date limite du 5 avril est définitive.

Dans un flyer manuscrit distribué dans certaines parties du Nord-Waziristan par une organisation inconnue « Gumnam Mujahideen-e-Islam » (combattants anonymes pour l’islam), les militants allèguent que la canadienne n’est pas une journaliste mais qu’elle a été envoyée par le gouvernement de Canada pour espionner les Talibans du Nord Waziristan.

« Nous demandons encore une fois aux gouvernements du Pakistan et du Canada d’accepter nos demandes d’ici le 5 avril, sinon nous allons tuer Khadija Abdul Qahaar parce qu’elle n’est pas un journaliste. Elle venue au Pakistan en mission d’espionnage pour le gouvernement canadien.

En vertu de la loi islamique, la sanction est la mort. Jusqu’à maintenant, pas un seul fonctionnaire du Pakistan ou du Canada ne nous a approchés. Le 5 avril est la date limite », dit le flyer mis à la disposition de The News.

Lien

Libellés : , , ,


 

Pakistan - (video) Une jeune fille de 17 ans fouettée en public à Swat, régi par la charia, par Marie-Êve Marineau




Les images floues semblent montrer une jeune fille de 17 ans en train de se faire battre par des islamistes radicaux dans la région de Swat au nord ouest du Pakistan où la charia a été introduite après la conclusion d’une trêve avec les talibans en février.

Un commandant local des talibans à Matta, un fief des militants à 25 milles de la capitale régionale, Mingora, a ordonné que la jeune fille soit fouettée il y a une semaine après l’avoir accusé d’adultère, selon des reporters locaux.

Mais certains résidents de Matta ont accusé le commandant d’avoir ordonné que la jeune fille soit battue pour se venger qu’elle ait refusé sa demande en mariage, ont dit les reporters au Times.

« S’il vous plaît ! Assez ! Assez ! » implore la jeune fille en pachtou, la langue des tribus qui dominent le nord-ouest du Pakistan, aujourd’hui la principale plaque tournante des activités des talibans et d’al-Qaïda.

À un autre moment, elle s’écrie : « Je me repens, mon père se repent, qu’est-ce que j’ai fait, ma grand-mère se repent pour ce que j’ai fait ... »

L’homme qui la flagelle insulte également son collègue qui a du mal à maîtriser la jeune fille et à l’empêcher de protéger son dos avec ses mains.

On l’entend dire : « Tu dois la tenir serrée de manière à ce qu’elle ne bouge pas ».

Le président Zardari insiste sur le fait que la trêve a été signée avec des « modérés »....

Lien

Libellés : , , ,


vendredi, mars 06, 2009

 

CPI : Le mandat d’arrêt contre el-Béchir est un avertissement envers les leaders responsables d’abus, par Marie-Êve Marineau



(New York) - La délivrance par la Cour pénale internationale d'un mandat d'arrêt contre le président du Soudan Omar el-Béchir démontre que même les personnes haut placées peuvent avoir à répondre de massacres, viols et actes de tortures dont ils seraient responsables, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les juges de la CPI ont approuvé le mandat d'arrêt à l'encontre d'el-Béchir, premier chef d'Etat en exercice ainsi mis en cause par la Cour, pour son rôle dans l'organisation de violentes opérations de contre-insurrection au Darfour. El-Béchir est accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

« Ce mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale est l'équivalent d'un avis de recherche visant el-Béchir », a déclaré Richard Dicker, le directeur du programme Justice internationale au sein de Human Rights Watch.

« Même les chefs d'Etat ne sont pas assurés d'être au-dessus de la loi pour des crimes atroces. Ce mandat d'arrêt signifie que le Président el-Béchir doit répondre des horreurs commises au Darfour, et infirme les démentis répétés de Khartoum quant à sa responsabilité. »

La cour n'a pas confirmé les trois chefs d'accusation pour génocide requis par le procureur de la CPI. Pour pouvoir parler de génocide, il faut qu'il soit prouvé que les crimes ont été commis précisément « dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux » sur la seule base de son identité.

« Le génocide est toujours un crime extrêmement difficile à prouver », a expliqué Richard Dicker. « Mais le président el-Béchir est loin d'être tiré d'affaire, puisqu'il est accusé de crimes contre l'humanité ainsi que de crimes de guerre, dont de nombreux cas de viols, meurtres et tortures commis dans le cadre d'un plan gouvernemental. »

Selon le statut de la CPI, le procureur, s'il obtient des preuves pour appuyer l'accusation, a la possibilité de réclamer un amendement au mandat d'arrêt afin d'y inclure le génocide.

Le 14 juillet 2008, le procureur de la CPI avait requis la délivrance d'un mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir. Après cette requête, les responsables du gouvernement soudanais avaient implicitement mais aussi explicitement menacé de représailles les forces internationales pour le maintien de la paix ainsi que les travailleurs humanitaires. Le 25 juillet dernier, Bona Malwal, conseiller du président soudanais, a déclaré au sujet des forces du maintien de la paix : « Le monde doit savoir que suite à la mise en accusation de notre président, nous ne pouvons plus être responsables de la sécurité des forces étrangères au Darfour. » Le président el-Béchir a également menacé d'expulser les forces internationales pour le maintien de la paix si un mandat était délivré.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, ses Etats membres, le secrétariat de l'ONU, l'Union Européenne et l'Union Africaine ont chacun un rôle crucial à jouer pour répondre rapidement aux éventuelles représailles gouvernementales au Darfour suite à la délivrance du mandat d'arrêt.

« Le gouvernement soudanais a l'obligation de garantir la sécurité dans le pays et le Conseil de sécurité devrait l'inciter de manière décisive à remplir cette obligation », a affirmé Richard Dicker. « On ne devrait pas permettre à Khartoum de se servir du mandat d'arrêt comme prétexte pour multiplier ses pratiques d'obstruction aux efforts fournis par les forces du maintien de la paix et les travailleurs humanitaires au Darfour. »

Une résolution du Conseil de sécurité oblige le gouvernement du Soudan à faciliter le déploiement de la Mission des Nations Unies et de l'Union Africaine au Darfour (MINUAD) et à coopérer avec la CPI. Conformément au droit international, le Soudan a l'obligation de protéger ses civils et d'autoriser un accès complet, sans danger et sans encombre au personnel venant en aide à ceux qui en ont besoin. Le mandat d'arrêt ne modifie ni ces obligations, ni les engagements de Khartoum à appliquer l'accord de paix global signé en 2005 avec le gouvernement du sud Soudan.

« Le Conseil de sécurité et les gouvernements concernés devraient imposer des sanctions ciblées contre les officiels soudanais responsables de toutes représailles violentes, et envisager de prendre d'autres mesures telles que d'imposer davantage de restrictions bancaires ou de renforcer l'embargo sur les armes », à déclaré Richard Dicker.

La CPI est une institution judiciaire indépendante. Bien que le Soudan ne soit pas partie au Traité de Rome qui a établi la CPI, il est soumis à la compétence de cette dernière par l'intermédiaire de la résolution du Conseil de sécurité. Selon le statut de la CPI, la qualité officielle d'un chef de l'Etat en exercice n'accorde pas l'immunité face à la responsabilité pénale.

Outre le mandat d'arrêt contre le président el-Béchir, la CPI a délivré deux autres mandats en relation avec le Darfour. Le 27 avril 2007, la Cour a lancé des mandats d'arrêt contre Ahmed Haroun, le ministre d'état soudanais aux Affaires humanitaires, et contre Ali Kosheib, chef d'une milice « Janjawid ». Le procureur a également réclamé des mandats d'arrêt contre trois chefs rebelles, auteurs présumés d'attaques contre les soldats du maintien de la paix à Haskanita en octobre 2007. Cette requête est actuellement examinée par la Cour.

À ce jour, le Soudan refuse de coopérer avec la CPI. Aucune suite n'a été donnée aux mandats d'arrêt déjà émis. Haroun conserve son poste officiel de ministre aux Affaires humanitaires. Le 24 novembre, accusés d'avoir fourni des informations à la CPI, trois défenseurs des droits humains ont été arrêtés et torturés par le gouvernement soudanais.

« Khartoum doit coopérer avec la Cour », a conclu Richard Dicker. « Ne disposant pas de forces de police propres, la CPI a besoin d'un soutien fort de la part des gouvernements pour s'assurer que tous ceux qui sont accusés de crimes soient arrêtés. »

Contexte

Conformément à la résolution du 31 mars 2005, le Conseil de sécurité a déféré la situation au Darfour au procureur de la CPI pour enquête et inculpation. Cette décision a été prise en conformité avec la recommandation d'une commission d'enquête internationale. Cette dernière a jugé que des violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains continuaient d'être commises au Darfour et que le système judiciaire soudanais n'avait pas la volonté et était dans l'incapacité de s'attaquer à ces crimes. La situation au Darfour est la première à avoir été déférée à la CPI par le Conseil de sécurité.

Lien

Libellés : , , , ,


jeudi, mars 05, 2009

 

Des religieux sont choqués de l’accord Vatican-Al Azhar sur la révision des manuels scolaires, par Marie-Êve Marineau


La déclaration finale du Comité pour le dialogue entre catholiques et musulmans qui s’est réuni à Rome les 24 et 25 février sur le thème « La promotion d’une pédagogie et d’une culture de paix », prévoit que « les textes scolaires devraient être revus afin qu’ils ne contiennent pas de documents qui puissent porter atteinte aux sentiments religieux des autres croyants, parfois à travers une présentation erronée des dogmes, des aspects éthiques ou des reconstructions historiques des autres religions ».

IslamOnLine rapporte un développement préoccupant, mais qui ne surprend guère.

Une entente entre le Vatican et Al Azhar fait sourciller

Une entente sur la réécriture des livres scolaires conclue entre Al-Azhar, siège de la plus haute autorité en matière d’éducation religieuse dans le monde sunnite, et le Vatican, a mis les universitaires égyptiens en colère.

« Les musulmans respectent toutes les autres religions », a dit à IslamOnline.net le cheikh Youssef al-Badri, un prédicateur et ancien officiel de Al-Azhar.

« Je mets au défi quiconque de trouver de tels documents offensants dans nos manuels scolaires. »

Des responsables religieux de Al-Azhar ont rencontré des cardinaux du Vatican à Rome les 24 et 25 février pour discuter de mesures visant à bâtir des relations amicales et la paix dans le monde.

Ils ont proposé que les manuels scolaires soient réécrits pour en expurger tout contenu qui pourrait offenser la religion de l’autre.

« Les textes scolaires devraient être revus afin qu’ils ne contiennent pas de documents qui puissent porter atteinte aux sentiments religieux des autres croyants, parfois à travers une présentation erronée des dogmes, des aspects éthiques ou des reconstructions historiques des autres religions », ont-ils écrit dans une déclaration.

Le document ne donne pas de précisions sur la façon dont les deux grandes religions comptent procéder.

La déclaration a suscité la colère des dignitaires religieux de l’Égypte, y compris certains de Al-Azhar.

Ils affirment avec insistance que les manuels scolaires dans les pays musulmans ne contiennent pas de matériel offensant, et que c’est plutôt l’Occident qui a besoin de revoir ses propres manuels scolaires.

« Les musulmans n’ont aucunement besoin de réécrire leurs livres », explique Taha Riyan, un professeur de religion à l’Université al-Azhar. « L’islam appelle au respect des autres religions. »

Les autorités de Al-Azhar disent que le Grand Imam Cheikh Mohamed Sayed Tantawi avait ordonné une révision des manuels scolaires il y a longtemps, et que ces livres ne contiennent aucune trace d’insulte à l’encontre des autres religions.

Comme plusieurs personnes, El-Badri estime que le problème est plutôt du côté des Occidentaux qui diffament l’islam et le prophète Mahomet (bénédiction et paix soient sur lui).

Lien

Libellés : , ,


 

Soudan - La Cour pénale internationale réclame l’arrestation du président Al-Bachir pour génocide au Darfour, par Marie-Êve Marineau


Les agissements et les menaces soudanaises n’ont pas intimidé la CPI. Celle-ci vient d’émettre une demande d’arrestation du président du Soudan, Omar Al-Bachir.

Le président soudanais avait pourtant affirmé, hier, que son pays n’était en rien concerné par la décision de la Cour. Défiant la communauté internationale, il avait invité la CPI à « faire bouillir sa décision et à en boire le jus ».

La CPI vient donc de confirmer ses accusations à l’encontre du président soudanais, visé par sept chefs d’inculpation, dont le génocide du Darfour et demande à Khartoum de livrer le président, rappelant que cette décision intervenait sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. La CPI appelle par ailleurs tous les pays, notamment les pays signataires de la Convention de Rome (sur la CPI), à coopérer dans l’objectif d’arrêter et de remettre Al-Bachir à la CPI.

Dans leur première réaction, les autorités soudanaises ont qualifié la décision de la CPI de politique, accusant l’Occident de mener une nouvelle offensive colonisatrice contre le Soudan.

La télévision « Al Arabiya » souligne que des centaines de Soudanais manifestent en ce moment à Khartoum contre la décision de la CPI.

Lien

Libellés : , , ,


jeudi, février 12, 2009

 

RD Congo : Les ONG craignent pour la sécurité des civils, par Marie-Êve Marineau



(Goma) - Une coalition de 100 organisations humanitaires et des droits humains a appelé aujourd'hui le Sous-secrétaire général de l'ONU aux affaires humanitaires, John Holmes, à insister pour que la protection des civils soit une priorité absolue lors de l'opération militaire commune congolaise et rwandaise dans l'est de la République démocratique du Congo. Holmes devrait arriver à Goma, la capitale du Nord Kivu, le 7 février 2009.

Dans une lettre ouverte adressée à Holmes, la Congo Advocacy Coalition a exprimé son inquiétude du fait que l'opération militaire conjointe a jusqu'ici contribué à ce que des milliers de personnes fuient leurs foyers devant les menaces de violences, venant s'ajouter aux 1,2 million de personnes déjà déplacées au cours de précédentes vagues de combat. La coalition a aussi formulé ses préoccupations quant aux meurtres en représailles et à l'utilisation de civils comme boucliers humains par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), de même que suite aux informations faisant état de viols et de pillages commis par toutes les parties.

« Les civils congolais sont toujours pris pour cible quand il y a des opérations militaires et leurs craintes d'être tués, violés ou pillés sont très réelles », a déclaré Juliette Prodhan d'Oxfam. « Les forces congolaises et rwandaises et les forces de maintien de la paix de l'ONU devraient faire tout leur possible pour garantir que les civils sont protégés durant les opérations conjointes et qu'ils ne sont pas encore une fois pris pour cible. »

Le 20 janvier 2009, les gouvernements congolais et rwandais ont déclenché une opération militaire conjointe contre les FDLR, un groupe armé basé dans l'est du Congo, dont certains dirigeants sont recherchés pour génocide. Bien qu'il n'y ait eu que quelques escarmouches jusqu'ici, on s'attend généralement à ce que les combats s'intensifient et s'étendent dans les prochains jours et les prochaines semaines.

La coalition a mis en garde contre une répétition des brutalités inimaginables subies par les civils congolais dans le territoire du Haut-Uele dans le nord-est du Congo après le déclenchement d'une opération militaire conjointe ougandaise et congolaise pour désarmer l'Armée de résistance du seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais basé au Congo. Plus de 700 personnes ont été massacrées par la LRA en moins d'un mois. Des mesures de protection minimes avaient été mises en place pour protéger les personnes en danger et pour arrêter les massacres.

La mission de maintien de la paix de l'ONU au Congo, la MONUC, dispose d'un mandat fort de protection des civils, mais elle a été laissée en dehors de l'organisation militaire dans les deux opérations conjointes dans les Kivus et le territoire du Haut-Uele. De plus, elle attend toujours les 3000 renforts autorisés il y a près de trois mois. Dans sa lettre, la Congo Advocacy Coalition a exhorté Holmes à insister pour que la mission de maintien de la paix joue un rôle central pour la protection et l'assistance aux civils dans l'organisation de toutes les opérations militaires et pour que la mission reçoive les ressources nécessaires, selon le mandat du Conseil de sécurité de l'ONU, afin de protéger efficacement les civils et de garantir l'accès humanitaire.

La coalition a aussi appelé Holmes à exhorter les parties à renouer le processus politique nécessaire pour traiter les problèmes sous-jacents qui nourrissent le conflit du Congo, tels que l'exploitation des richesses minières, le manque de justice et le manque de représentation des minorités.

« Tous les groupes armés doivent déposer les armes », a insisté Kubuya Muhangi, le président de CRONGD-Nord Kivu. « Les gens dans l'est du Congo veulent désespérément rentrer chez eux et pouvoir y rester sans craindre de devoir prendre la fuite à nouveau. »

La Congo Advocacy Coalition, constituée d'organisations non gouvernementales locales et internationales, a été créée en juillet 2008 pour plaider pour une plus grande protection des civils et le respect des droits humains dans l'est du Congo. Les membres du comité d'organisation de la coalition sont: ActionAid, ENOUGH Project, Human Rights Watch, International Rescue Committee (IRC), Mercy Corps, Norwegian Refugee Council (NRC), Oxfam, Conseil Régional des Organisations Non Gouvernementales de Développement (CRONGD) - Nord Kivu, Promotion et Appui aux Initiatives Féminines (PAIF) - Nord Kivu, Institut Congolais pour la Justice et la Paix (ICJP) - Sud Kivu, et Association des Femmes Juristes du Congo (AFEJUCO) - Sud Kivu.

Autres signataires :

ONG internationales :

Action Against Hunger/ Action Contre la Faim (ACF) - USA, American Bar Association (ABA) Rule of Law Initiative in DRC, Beati i costruttori di pace/ Blessed are the Peacemakers, CAFOD, CARE International, Centre Lokole/ Search for Common Ground, Global Witness, International Emergency and Development Aid (IEDA) Relief, Jesuit Refugee Service (JRS) Great Lakes, Refugees International, Tearfund, Trocaire, War Child Holland

ONG congolaises :

ACAEFAD, Action by Christians Against Torture (ACAT)/Sud Kivu, ACPS, Action des Chrétiens Activistes des Droits de l'Homme à Shabunda (ACADHOSHA), ADECOF/Sud Kivu, AFCD, AFCDI, AFECEF, AJERF, Africa Justice Peace and Development (AJPD), ALCM, AMALDEFEA, AMI-KIVU, ANAMEDAPED, APIBA, APRODEPED, ASADHO (Association africaine de défense des droits de l'homme) - Sud Kivu, ASALAK, Action Sociale pour la Paix et le Développement (ASPD), Association pour le Développement des Initiatives Paysannes (ASSODIP), AYINET/DRC, BDENA, Blessed Aid, CADRE, Collectif des Associations des Femmes Pour le Développement (CAFED), Campagne Pour la Paix (CPP), CCJT, CEDAC, CELPA/SK, Centre d'Appui pour le Développement Rural Communautaire (CADERCO), Centre de Recherche sur l'Environnement, la Démocratie et les Droits de l'Homme (CREDDHO), Centre de promotion socio-sanitaire (CEPROSSAN), Centre d'Etudes et de Recherche en Education de Base pour le Développement Intégré (CEREBA), Coalition RDC pour la Cour Pénale Internationale (CPI), Collectif des Organisations des Jeunes Solidaires du Congo (COJESKI)/Sud Kivu, Collectif des Organisations des Jeunes Solidaires du Congo (COJESKI)/ Nord Kivu, COPARE, CUBAKA, DYJESKI, EFD, Encadrement des femmes indigènes et des ménages vulnérables (EFIM), Entraide des Femmes pour les Déshérités (EFD) - Uvira Sud -Kivu, Foyer Social de Mogo (FSM/Kabare), GAIDER, GAMAC, GRAM-Kivu, Groupe d'Etudes et d'Actions Pour un Développement Bien Défini (GEAD) /Nord-Kivu, Groupe de Voix des Sans Voix (GVSV), Groupe Féminine, HEAL Africa, Héritiers de la Justice, Humanitas, IGE/CCD, La Synergie des femmes pour les victimes des violences sexuelles (SFVS), Mamans Umoja, Martin Luther King Non-Violence Group, OCET, PAL, PAMI, Perspectives « Monde Juste », PIDP-Kivu, PRENAO, PRODES, Promotion de la Démocratie et Protection des Droits Humains (PDH), RADHOSKI-Sud Kivu, Réseau Provincial des ONG de Droits de l'Homme (REPRODHOC)/Nord-Kivu, RFDP, SAMS, SARCAF, SILDE, SJPR/EST, Solidarité pour la Promotion Sociale et la Paix (SOPROP), SYNECAT, UCODE, UPADERI, VOVOLIB (Voix des Sans Voix ni Liberté)

Lien

Libellés : , , ,


mercredi, janvier 28, 2009

 

Grande-Bretagne - Un terroriste meurtrier incarcéré menace de poursuivre si les gardiennes ne se voilent pas en sa présence, par Marie-Êve Marineau




Il a de bonnes chances de gagner...

Un terroriste meurtrier d’Al-Qaida a suscité l’indignation après avoir menacé d’entamer des poursuites en vertu de la Loi sur les droits de la personnes si les gardiennes de prison ne portent pas le voile en sa présence.

Kamel Bourgass, 33 ans, a été condamné à la prison à vie en 2004 après avoir poignardé à mort le brave officier du Special Branch, Stephen Oake, lors d’un raid de la police.

Non seulement Bourgass recrute maintenant des adhérents à sa cause tordue dans la prison de Wakefield, mais il prétend en outre que les gardiennes non voilées portent atteinte à ses droits humains.

Il a fait des blagues de mauvais goût sur la médaille de bravoure posthume décernée à DC Oake, disant qu’elle avait été fabriquée avec le « métal de mon couteau ».

L’Algérien préparait une attaque au ricin, un poison mortel, contre la Grande-Bretagne lorsque le détective Oake, un père de trois enfants âgé de 40 ans, l’a arrêté.

Bourgass, le premier musulman fanatique à assassiner un officier de police britannique, est à la prison de Wakefield depuis quelques semaines seulement.

Mais les initiés prétendent qu’il a déjà commencé à prêcher aux détenus la haine islamiste contre l’Occident.

Avec sa longue cape noire, il mis les gardiens en colère avec ses blagues dégoûtantes sur DC Oake.

Une source de l’intérieur de la prison a révélé : « Il est très violent et agressif envers le personnel et il a dit que la présence d’agents de sexe féminin dans les réunions de prière est une violation de ses droits humains ».

« Si elles sont en service, il exige qu’elles portent le voile ».

« On nous a dit de le surveiller de près parce qu’il prêche la haine aux réunions de prière ». ...

Lien

Libellés : , , , ,


lundi, décembre 22, 2008

 

Maroc : Violation des droits au Sahara occidental, par Marie-Êve Marineau



(Rabat, le 19 décembre 2008) - Le Maroc viole les droits à la liberté d'expression, d'association et d'assemblée au Sahara occidental, a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié aujourd'hui, révélant de sérieuses limites aux progrès faits par le Maroc en matière de protection des droits humains dans leur ensemble. Les conditions des droits humains se sont améliorées dans les camps de réfugiés sahraouis administrés par le Front Polisario en Algérie, même si le Polisario marginalise ceux qui défient directement son autorité.

Human Rights Watch a appelé le Maroc et le Polisario à adopter des mesures spécifiques pour améliorer la situation des droits humains dans les territoires qui se trouvent, de facto, sous leur contrôle. HRW a également appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies à mettre en place un mécanisme d'observation régulier des droits humains, aussi bien au Sahara occidental qu'à Tindouf.

«La répression s'est quelque peu atténuée, et les dissidents d'aujourd'hui testent les lignes rouges», a remarqué Sarah Leah Whitson, directrice de la division du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord à Human Rights Watch. «Mais les autorités marocaines - à leur crédit - nous demandent de les juger non pas par rapport à leur propre bilan passé, mais par rapport à leurs engagements en matière de droits humains internationaux. Au regard de ces normes, elles ont encore un long chemin à parcourir.»

Le rapport de 216 pages, intitulé «Human Rights in Western Sahara and in the Tindouf Refugee Camps» («Les droits humains au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés à Tindouf»), étudie la situation actuelle et non pas les abus passés. Human Rights Watch documente la façon dont le Maroc utilise une combinaison de lois répressives, de violences policières et de procès inéquitables pour réprimer les Sahraouis qui luttent pacifiquement en faveur de l'indépendance ou de la pleine auto-détermination pour le Sahara occidental contesté.

«Le Sahara occidental est un problème international qui est en suspens depuis des décennies», a expliqué Sarah Leah Whitson. «Mais à travers ce conflit, le monde peut aussi comprendre et traiter les défis plus vastes en matière de droits humains qui continuent à se poser pour le Maroc.»

Au Sahara occidental, les autorités marocaines considèrent toute opposition à leur administration du territoire contesté comme des atteintes à «l'intégrité territoriale» du Maroc, et utilisent cette position pour interdire ou disperser des manifestations pacifiques et pour refuser la reconnaissance juridique aux organisations de défense des droits humains. Le problème va au-delà des lois répressives, cependant : la police frappe les manifestants indépendantistes pacifiques et torture parfois les personnes détenues, a précisé Human Rights Watch. Les citoyens déposent des plaintes sur les abus commis par la police que le système judiciaire rejette régulièrement sans mener d'enquêtes sérieuses, renforçant ainsi un climat d'impunité vis-à-vis de la police.

Si les manifestations organisées par les sahraouies comportent parfois, de la part des participants, des actes de violence que les autorités marocaines ont une responsabilité d'empêcher et de sanctionner, ceci ne saurait justifier les interdictions globales des assemblées pacifiques. Les tribunaux marocains ont inculpé des activistes sahraouis défenseurs des droits humains pour incitation ou pour participation à des actes de violence en s'appuyant sur des preuves douteuses, lors de procès qui étaient manifestement inéquitables.

Lors de la préparation de ce rapport, Human Rights Watch a mené de très nombreux entretiens auprès de personnes vivant au Sahara occidental ainsi qu'auprès de résidents actuels et passés des camps de réfugiés de Tindouf. Les autorités marocaines tout comme celles du Polisario ont reçu la délégation de Human Rights Watch, n'ont imposé aucun obstacle important à ses travaux, et ont apporté des réponses extensives aux questions de Human Rights Watch qui figurent dans le rapport.

Dans les camps de réfugiés de Tindouf, le Front Polisario permet aux réfugiés de critiquer sa gestion des affaires quotidiennes, mais marginalise de fait ceux qui s'opposent directement à son autorité. Les résidents peuvent quitter les camps s'ils le souhaitent, y compris pour aller s'installer dans la partie du Sahara occidental contrôlée par le Maroc. Le fait que la plupart empruntent la route principale vers la Mauritanie plutôt qu'un itinéraire clandestin dénote leur assurance qu'ils sont autorisés à se déplacer. Toutefois, ceux qui se dirigent vers le Sahara occidental ont tendance à dissimuler leurs projets, par crainte aussi bien d'obstacles officiels que de la désapprobation des autres résidents du camp au cas où leur destination finale viendrait à être connue.

La population des camps demeure vulnérable aux abus du fait de la situation isolée des camps, du défaut de surveillance et de contrôle indépendant et régulier du respect des droits humains, et du fait que l'Algérie affirme que le Polisario, plutôt qu'elle-même, est responsable de la protection des droits humains des résidents des camps.

«Les réfugiés à Tindouf vivent, depuis plus de 30 ans, en exil loin de leur terre natale, administrés par un mouvement de libération dans un environnement qui est physiquement rude et isolé», a ajouté Sarah Leah Whitson. «Quelle que soit la situation actuelle, aussi bien le Polisario que le pays hôte, l'Algérie, ont la responsabilité de garantir que les droits de ces réfugiés vulnérables soient protégés.»

Human Rights Watch a souligné que le Conseil de sécurité de l'ONU devrait garantir que la présence de l'ONU dans la région puisse comporter un mécanisme régulier de surveillance des droits humains. Pratiquement toutes les missions de l'ONU de maintien de la paix dans le monde comportent une composante de droits humains et, avec les forces de la MINURSO opérant à la manière d'une force de maintien de la paix au Sahara occidental, cette région ne devrait pas faire exception. En la matière, la France et les Etats-Unis, comme membres permanents du Conseil de sécurité ayant les plus forts intérêts dans cette région, ont un rôle déterminant à jouer.

Parmi ses nombreuses recommandations, Human Rights Watch exhorte le Maroc à :

  • Réviser ou abolir les lois qui rendent illégaux les discours et les activités politiques ou associatives considérées comme portant atteintes à «l'intégrité territoriale» du Maroc et qui sont utilisées pour réprimer les actions non violentes en faveur des droits politiques des Sahraouis ;
  • Mettre un terme à l'impunité pour les abus commis par la police en garantissant des enquêtes sérieuses suite aux plaintes de civils et, quand elles sont prononcées, les condamnations ou les mesures disciplinaires doivent être appliquées contre les agents responsables ;
  • Autoriser les associations indépendantes de défense des droits humains à suivre la procédure pour obtenir une reconnaissance légale ; et
  • Garantir que les tribunaux rendent des verdicts fondés sur l'appréciation impartiale de toutes les preuves pertinentes. Les juges et les procureurs devraient faire appliquer le droit des suspects au regard du droit marocain à se faire examiner par un médecin, et rejeter les preuves reposant sur des déclarations dont il est avéré qu'elles ont été obtenues sous la torture.

Human Rights Watch exhorte le Front Polisario à:

  • Prendre des mesures volontaristes de manière à faire savoir à tous les résidents qu'ils sont libres de quitter les camps, y compris pour s'installer sur le territoire du Sahara occidental sous contrôle marocain ;
  • Garantir que les résidents des camps sont libres de remettre en question, de manière pacifique, la direction du Front Polisario et de prôner des options pour le Sahara occidental autres que l'indépendance ; et
  • Eliminer ou limiter des articles formulés de façon très générale dans le Code pénal du Polisario qui, par exemple, rendent illégale la distribution de publications ou la participation à des manifestations considérées comme «susceptibles de troubler l'ordre public».

Le Maroc a administré le Sahara occidental de facto depuis que ses troupes y ont pénétré à la suite du retrait de l'Espagne de son ancienne colonie en 1976. Le Maroc se réfère officiellement à la région comme à ses «provinces du sud», mais les Nations Unies ne reconnaissent pas la souveraineté marocaine.

Le Maroc s'est opposé à un plan -qu'il qualifié d'irréalisable- négocié par l'ONU et prévoyant un référendum sur l'avenir du territoire et a proposé l'autonomie pour le Sahara sous la souveraineté marocaine. Le Maroc a spécifié, cependant, que ce plan n'envisage aucune mise en cause des lois rendant illégales les «atteintes à l'intégrité territoriale». Ainsi, l'autonomie accordée par le Maroc ne donnera pas aux Sahraouis le droit à réclamer l'indépendance ni un référendum pour décider de l'avenir de la région.

«Les Sahraouis ont des opinions différentes sur la façon de résoudre le conflit», a indiqué Sarah Leah Whitson. «Mais quel que soit l'endroit où ils vivent, les autorités doivent les autoriser à s'exprimer et à agir, de manière pacifique, au nom de leurs opinions. Toute proposition de solution pour le Sahara occidental qui ne garantit pas ces droits n'est pas une solution.»

Human Rights Watch ne prend pas position sur la question de l'indépendance du Sahara occidental ni sur la proposition du Maroc d'accorder l'autonomie à cette région.

Lien

Libellés : , , ,


This page is powered by Blogger. Isn't yours?

S'abonner à Messages [Atom]