samedi, décembre 12, 2009

 

Les musulmans devraient apprendre à construire des ponts avec les autres au lieu de réclamer des minarets, par Raheel Raza du MCC



Quand les cloches des églises sonneront en Arabie saoudite, les minarets pourront se dresser en Europe.
TORONTO -
Les Suisses ont dit non aux mosquées avec minarets lors d'un referendum qui vient d'avoir lieu. Près de 58% des électeurs se sont prononcés contre les minarets. Dans certaines régions de la suite, la proportion a atteint 70%! Des chefs du monde musulman ont condamné ce référendum et comme d'habitude ont proposé un boycottage des produits suisses. Allons-nous cesser de manger des fromages et du chocolat suisse ou cesser d'acheter des montres suisses renommées pour leur précision?
Ce référendum, c'est en fait une importante occasion pour les musulmans de chercher à comprendre la signification profonde du rejet suisse et y voir un signal d'avertissement pour entreprendre d'importants changements intérieurs. Tariq Ramadan, un prêcheur populaire qui est récemment venu au Canada, parle avec éloquence de la beauté de l'islam mais il oublie toujours de parler des problèmes internes qui assaillent les communautés musulmanes en Occident, particulièrement en Europe: problèmes qu'on glisse sous le tapis quand on s'adresse à de larges auditoires.
Et c'est là que réside le problème. Oui, l'islam est un beau message pour moi et beaucoup de musulmans. Mais il n'est pas aussi beau pour bien des gens et c'est cela que nous devons apprendre à reconnaître et à accepter. La beauté de l'islam doit être démontrée dans nos interactions quotidiennes avec les autres, et non en projetant agressivement notre religiosité ou en nous couvrant le visage.
Nous sommes devenus des gens qui projettent agressivement la «musulmanité» et nous sommes le seul groupe religieux à utiliser constamment des références religieuses avec les non-musulmans qui n'ont aucune idée de ce que nous voulons dire. En agissant ainsi, nous prouvons un manque de vision et nous continuons à nous montrer intolérants envers «l'autre", tout en faisant des demandes déraisonnables.
Au Canada, on dit que " qui sème le vent, récolte la tempête ". Et bien en Europe, le vent est en train de tourner si vite que si les musulmans ne se réveillent pas, ils seront emportés dans un abysse dont ils seront responsables.
La solution est simple.
Qu'il est difficile pour les musulmans de comprendre et d'accepter que l'islam n'est pas la seule foi et que son message n'est pas le seul valable. L'islam est le dernier, le plus jeune des trois monothéismes abrahamiques et pourtant, les musulmans sont les plus gâtés et ceux qui se comportent le plus mal. Les musulmans ne pourront progresser s'ils ne tendent pas la main aux autres groupes religieux.
Les musulmans doivent aussi comprendre que critiquer leurs actes, leur conduite n'est pas de l'islamophobie ( un terme trop souvent utilisé à tort et à travers). L'islamophobie c'est la «peur de l'islam». Oui, on craint l'islam et les musulmans et nous ne faisons rien pour atténuer ou éliminer cette peur. Notre impulsion à défendre des musulmans, quoiqu'ils fassent est en train de nous discréditer. Nous ne sommes pas les gardiens de notre foi. Notre seule obligation est d'apprendre à vivre en paix et en harmonie avec tous les autres, ce que nous faisons très mal. Par exemple, il est rare que des musulmans prennent le temps de discuter de la façon dont sont traités les non-musulmans en terre d'islam. Si les musulmans ne pouvaient pratiquer leur religion en Occident et étaient traités comme des citoyens de troisième classe, ils sauraient mieux ce que discrimination et harcèlement veulent dire vraiment. On aime à crier au «racisme» à la moindre occasion, mais on se tait quand les autres sont maltraités. Ainsi donc, en Suisse, on interdit les minarets. Est-ce que cela a la moindre conséquence pour l'islam? Non. Les premières mosquées n'avaient pas de minarets. On les a ajoutés aux mosquées bien après la mort du prophète, quand l'islam était en train de devenir un régime politique. Mais ce qui est plus important, d'un point de vue spirituel, c'est que le Créateur n'habite pas sous les dômes ou dans les minarets, mais dans nos coeurs. Avant de commencer à construire des minarets, apprenons d'abord à construire des ponts avec les autres.
Raheel Raza fut l'une des trois panélistes de la conférence publique organisée par Point de BASCULE le 2 octobre 2008 à Montréal intitulé: L'islam politique menace nos libertés Elle est aussi membre du Muslim Canadian Congress (MCC), le seul lobby musulman canadien qui n'est pas commandité par des intérêts étrangers soit par un ou l'autre des pays d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient, des pays du Golfe Persique ou du monde musulman en général.
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mercredi, octobre 07, 2009

 

Mon nom est Simon Deng, chrétien, ancien esclave au Soudan, victime du djihad, par Annie Lessard et Marc Lebuis


«À 9 ans, j’ai été enlevé et donné en esclavage à une famille arabe. Mon peuple a été soumis au meurtre de masse, à l’esclavage, au viol systématique, à la persécution religieuse, à la famine imposée, à la dislocation, à l’exil. Nous sommes les victimes de ce que Khartoum a appelé « une guerre sainte contre les infidèles ». Combien de temps le monde laissera les « infidèles » être abattus et asservis au nom du djihad ? Combien de temps le monde se taira pour ne pas offenser les meurtriers et les défenseurs de l’esclavage ?»

Ancien esclave, Simon Deng du Sud Soudan a réussi à s'échapper et a abouti aux États Unis où il a reçu l'asile politique. Activiste des droits humains, il donne des conférences à travers le monde sur la situation au Soudan, où des Noirs chrétiens et animistes sont victimes d'esclavage et d'islamisation forcée.

Aujourd'hui, l'Algérie a appelé les pays arabes à saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies pour s’opposer à la Cour Pénale Internationale qui a lancé un mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar Hassan al-Bashir la semaine dernière pour répondre à des accusations de crimes contre l'humanité.

En 2006, Simon Deng a fait une présentation à un colloque organisé par une ONG sur les victimes du djihad.

L'esclavage n'appartient pas au passé..., blog Ketibi, le 14 janvier 2006

Le 18 avril 2006, alors que la Commission des droits de l'Homme de l'ONU s'apprêtait une fois de plus à rejeter une résolution condamnant les actions au Soudan sur pressions des pays islamiques, trois ONG organisaient un colloque en marge de la commission sur les « victimes du djihad ».

Devant une salle émue aux larmes, Simon Deng a raconté comment il avait été réduit en esclavage - parce que noir et chrétien - par le régime arabe islamiste de Khartoum:

Mon nom est Simon Aban Deng. Je suis soudanais, shiluk de par la tribu, chrétien de par la religion. Mon peuple a été soumis au meurtre de masse, à l'esclavage, au viol systématique, à la persécution religieuse, à la famine imposée, à la dislocation, à l'exil. Nous sommes victimes d'un génocide, physique et culturel. Nous avons été annihilés en tant qu'êtres humains parce que appartenant à une culture différente. Tout cela ne nous est pas tombé dessus par hasard : nous avons été et restons les victimes du régime djihadiste de Khartoum.

Durant les deux génocides commis par les islamistes, nos pertes ont été énormes. De 1955 à l'indépendance de 1973, 1,5 million de Soudanais chrétiens ont été éliminés par le gouvernement pro-arabe de Khartoum. De 1983 jusqu'au récent traité de paix, 2 millions d'êtres humains du Sud-Soudan ont perdu la vie dans ce que le régime de Khartoum a appelé «une guerre sainte contre les infidèles». Oui, je suis un infidèle selon leur définition. Je pense que bon nombre d'entre vous le sont aussi. Nous, les Noirs «infidèles» du Sud, chrétiens et autres non-musulmans, nous avons refusé d'obéir aux lois islamiques, nous avons refusé d'être arabisés.

J'ai été enlevé et donné à une famille arabe comme «cadeau»

Pour cette raison, mesdames et messieurs, j'ai été une victime de l'esclavage arabe au Soudan. A neuf ans, mon village a été pillé par les troupes arabes payées par Khartoum. Alors que je courais me réfugier dans la savane pour échapper au massacre, j'ai vu mes amis d'enfance se faire abattre. Les vieux et les malades étaient brûlés vifs dans leur hutte. Les troupes arabes ont fini par me trouver. J'ai été enlevé et donné à une famille arabe comme «cadeau». Quand vous me regardez, mesdames et messieurs, voyez-vous un cadeau ? Est ce que je ressemble à un objet ou à un produit ?

Maintenant, c'est au tour du Darfour.

J'ai été un enfant esclave pendant plusieurs années. J'ai été battu à maintes reprises pour un oui ou pour un non. Parfois même par caprice des enfants de mon «maître». Je travaillais durement et j'ai dû subir de nombreuses humiliations. Alors que j'avais été un enfant adoré dans ma famille, j'ai dû m'habituer à dormir avec les animaux et à nettoyer la terre où je dormais. Je ne mangeais que les restes dans les plats de mon «maître». Je me levais le premier et me couchais le dernier, après avoir accompli toutes les tâches domestiques. La vie d'un esclave est comme l'enfer, mais il n'y a aucune honte à avoir été un esclave : ce n'est pas un choix. Celui qui devrait avoir honte, c'est celui qui s'est proclamé le «maître». Si quelqu'un doit ressentir de la honte, ce sont les intégristes musulmans du régime de Khartoum et leurs alliés dans le monde musulman. Il est important de ne jamais oublier que les chrétiens africains du Soudan méridional sont victimes de l'islamisme. La guerre contre nous a été et reste conduite au nom du djihad.

Il y a 2 ou 3 millions de réfugiés du Sud-Soudan. Ils sont traités comme des chiens. Ils ne sont pas même considérés comme des citoyens, parce qu'au Soudan la citoyenneté est basée sur la religion et que seuls les musulmans y ont droit. Les Africains «infidèles» de cette nation ne sont pas considérés comme étant de pleins citoyens, bien que presque 90 % de la population soit noire.

C'est le grand défi des djihadistes de Khartoum : Arabes et Soudanais, ils ont voulu imposer une culture arabe dans un pays majoritairement peuplé de Noirs. Ils ont effectué leur travail avec une grande efficacité grâce aux armes fournies par leurs amis dans le monde arabe. Quand ils commettaient leur génocide contre nous dans le Sud, le monde a simplement regardé ailleurs. Quand des millions de Noirs africains étaient abattus et des centaines de milliers d'enfants soudanais étaient asservis, le monde était indifférent. Même l'ONU a tourné le dos. Maintenant, c'est au tour du Darfour. Certains observent, mais la plupart sont habitués à ne plus regarder...

Combien de temps le monde laissera les «infidèles» être abattus et asservis au nom du djihad ?

Mesdames et messieurs, je pose cette question en tant que victime de l'esclavage au Soudan : combien de temps le meurtre, l'esclavage, la persécution religieuse, le viol systématique, la famine imposée et «le nettoyage ethnique et religieux» vont-ils continuer ? Quand ceux qui ont le pouvoir d'agir et d'arrêter ces crimes vont-ils le faire?

Je le demande pour mes compagnons chrétiens et animistes du Sud Soudan. Ma voix est leur voix. Combien de temps le monde laissera les «infidèles» être abattus et asservis au nom du djihad? Combien de temps le monde se taira pour ne pas offenser les meurtriers et les défenseurs de l'esclavage ?

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jeudi, mars 05, 2009

 

Doudou Diène blâme des caricatures, mais pas les manuels scolaires musulmans haineux, par Noémie Cournoyer


Le rapporteur de l’ONU sur les questions de racisme a promptement condamné les caricatures danoises il y a deux ans. Mais il n’a pas daigné répondre aux plaintes répétées de UN Watch, une ONG accréditée auprès de l’ONU, contre les manuels scolaires haineux de l’Égypte et de l’Arabie saoudite.

UN Watch est une ONG basée à Genève et dotée du statut consultatif spécial par le Conseil économique et social de l’ONU. Son conseil d’administration international comprend notamment Me Irwin Cotler, ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada.

UN Watch a soumis à Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur les questions de racisme et d’intolérance, deux rapports détaillés fondés sur l’examen du contenu de 119 manuels scolaires égyptiens et 93 manuels saoudiens. UN Watch dénonce l’incitation des enfants à la haine raciale de manière systématique et soutenue par l’État, et demande à Doudou Diène de prendre action. Nous avons traduit la lettre de UN Watch à Diène. Lisez plus bas, nous vous proposons une action à prendre.

Les rapports de UN Watch ont été soumis en 2005. Doudou Diène n’a pas réagi face à ces gouvernements dont les manuels scolaires officiels font la promotion de la haine. Il avait pourtant promptement critiqué le gouvernement danois pour son défaut « d’engagement et de vigilance à lutter contre l’intolérance religieuse et l’incitation à la haine religieuse », jugeant qu’il n’avait pas été assez rapide à condamner un journal édité par une entreprise privée qui avait publié des caricatures de Mahomet.

Les rapports soumis à Doudou Diène démontrent que l’Arabie saoudite et l’Égypte axent l’éducation de leurs jeunes sur la xénophobie, l’antisémitisme, la christianophobie et la haine de l’Occident. Par exemple, ces livres font référence à plusieurs reprises aux juifs et aux chrétiens comme des « maudits », des « infidèles », des « incroyants » et des « ennemis de l’islam ». L’Occident est « une société en décomposition en voie de disparition », et les Juifs sont « une nation méchante, caractérisée par la corruption, la malice, le mensonge, la trahison, l’agressivité, et l’orgueil ».

Dans ses lettres de 2005 à Doudou Diène, UN Watch se plaint que « le langage des manuels scolaires constitue de l’endoctrinement choquant de jeunes étudiants » et que par conséquent « il y a une forte probabilité que les enfants éduqués dans cette culture vont développer des stéréotypes racistes et intolérants ».

Vu l’inaction de Doudou Diène, UN Watch suggère aux citoyens d’envoyer une lettre à Diène lui demandant de prendre action contre l’enseignement de la haine et de l’intolérance. Le site internet de UN Watch propose une lettre en ligne (en anglais. Nous offrons une traduction plus bas). Vous pouvez vous joindre à cette campagne. Il suffit de quelques clics de souris.

Take Action – Fight the teaching of prejudice

Nous affichons ici une traduction de la lettre de UN Watch à Doudou Diène (à laquelle Diène n’a pas daigné répondre) suivie d’une traduction de la lettre affichée sur le site de UN Watch que vous pouvez signer en ligne.

Lettre de UN Watch à Doudou Diène (traduction de Point de BASCULE)

M. Doudou Diène, Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance, HCDH - Palais des Nations 8 - 14 avenue de la Paix 1211 Genève 10

Le 7 Janvier 2005

Cher M. Diène,

La présente lettre en est une d’allégation que les manuels scolaires distribués par les gouvernements de l’Égypte et de l’Arabie saoudite font la promotion de la haine des juifs et des chrétiens, comme détaillé dans les deux rapports ci-joints.

Les enseignements de ces manuels constituent des actes, par ces deux gouvernements, de formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale et de l’intolérance qui y est associée. En tant qu’ONG basée à Genève et dotée du statut consultatif spécial par le Conseil économique et social, nous soumettons ces renseignements en vertu de la Résolution A/C.3/59/L.7lY de l’Assemblée générale datée du 24 novembre 2004, qui prévoit une coopération avec les ONG.

Vous vous demandons, conformément à cette même résolution, de répondre efficacement à cette grave information concernant l’enseignement du racisme dans les écoles saoudiennes et égyptiennes, et de faire un suivi par des visites dans ces pays afin d’inciter les autorités nationales à entreprendre les enquêtes nécessaires et les mesures correctives, y compris le remplacement du message de haine de ces livres par un message de tolérance.

Les deux rapports annexés sont publiés par le Centre de Contrôle de l’Impact de la Paix en collaboration avec l’American Jewish Committee. Dans La guerre et la paix, Israël et l’Occident, dans les livres scolaires égyptiens, le contenu de 119 manuels scolaires égyptiens a été examiné pour leurs références aux questions de la paix et « l’Autre », à savoir les chrétiens, les Juifs et l’Occident. Dans les manuels scolaires égyptiens, le rapport montre que, « la malice, la cupidité, la traîtrise, l’exploitation d’autrui, fomenter des dissensions, la tromperie, le racisme, l’arrogance, l’hypocrisie, la tromperie, et l’hostilité - sont tous présentés comme des caractéristiques des Juifs ». Par conséquent, il y a une forte probabilité que les enfants éduqués dans cette culture vont développer des stéréotypes racistes et intolérants.

Le deuxième rapport ci-joint, intitulé L’Occident, les chrétiens et les Juifs dans les manuels scolaires d’Arabie saoudite, examine 93 manuels scolaires saoudiens. Dans ces textes, les chrétiens et les Juifs sont dénoncés comme des « infidèles », l’Occident est « une société en décomposition en voie de disparition », et les Juifs sont « une nation méchante, caractérisée par la corruption, la malice, le mensonge, la trahison, l’agressivité, et l’orgueil ». Ce langage constitue de l’endoctrinement choquant de jeunes étudiants avec un antisémitisme flagrant.

Notre jeunesse du monde, y compris celle de l’Égypte, de l’Arabie saoudite et du reste du Moyen-Orient, mérite une éducation pour la paix qui prêche la tolérance, la réconciliation et le respect d’autrui. Malheureusement, les rapports joints démontrent que l’Arabie saoudite et l’Égypte axent plutôt l’éducation de leurs jeunes sur la xénophobie, l’antisémitisme, la christianophobie et la haine de l’Occident.

En plus des mesures correctives demandées ci-dessus, nous demandons que vous discutiez de cette allégation et du matériel ci-joint, ainsi que toute réponse communiquée par les autorités égyptiennes ou saoudiennes, dans vos rapports à l’Assemblée générale et à la Commission des droits de l’Homme.

Hillel C. Neuer Directeur exécutif United Nations Watch

Lettre à Doudou Diène que vous pouvez transmettre en ligne sur le site de UN Watch

Monsieur Doudou Diène Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance HCDH - Palais des Nations 8 - 14 avenue de la Paix 1211 Genève 10

Objet : Manuels scolaires antisémites et anti-chrétiens en Égypte et en Arabie saoudite

Votre mandat de l’ONU vous impose de vous élever contre l’intolérance raciale et religieuse, et vous l’avez souvent fait de manière louable. Pour donner un exemple récent, en novembre 2005, après que UN Watch et 30 autres organisations vous aient envoyé une plainte concernant l’appel par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad pour qu’ Israël soit « rayé de la carte », vous vous êtes admirablement prononcé en exigeant que l’Iran s’explique. En janvier 2006, dans votre rapport (E/CN.4/2006/16), vous avez condamné la déclaration de l’Iran comme « une manifestation d’antisémitisme ». Je vous félicite et vous remercie de votre prise de position ferme sur cette question.

Je vous écris aujourd’hui pour vous demander de prendre des mesures contre un autre cas de racisme et d’intolérance contemporaines : l’antisémitisme et l’antichristianisme parrainés par l’État, dans des manuels scolaires en Égypte et en Arabie saoudite. Par exemple, ces livres font référence à plusieurs reprises aux juifs et aux chrétiens comme des « maudits », des « infidèles », des « incroyants » », et des « ennemis de l’islam ». Ils enseignent aux élèves que « les Juifs sont un peuple de trahison et de traîtrise ». Et qu’« une malicieuse alliance de Croisés et de Juifs s’efforce d’éliminer l’islam de tous les continents ». Malgré des assurances de réforme des manuels scolaires par les Saoudiens, le rapport de Freedom House de mai 2006 intitulé Le curriculum de l’intolérance de l’Arabie saoudite révèle que l’enseignement de la haine continue.

L’Organisation non gouvernementale UN Watch vous a envoyé des lettres d’allégations au sujet de ces manuels scolaires, en janvier et mai 2005. Je vous demande instamment de répondre à ces lettres sans plus tarder. Veuillez s’il vous plaît soulever ces allégations avec les gouvernements égyptiens et saoudiens, et demander qu’ils arrêtent d’enseigner ce curriculum offensant et haineux.

Dans votre dernier rapport (E/CN.4/2006/17), vous avez critiqué le gouvernement danois pour défaut « d’engagement et de vigilance à lutter contre l’intolérance religieuse et l’incitation à la haine religieuse », car à votre avis, il n’a pas été assez rapide à condamner un journal édité par une entreprise privée pour la publication des caricatures de Mahomet. Sûrement des gouvernements dont les manuels scolaires officiels font, et depuis longtemps, la promotion flagrante de l’antisémitisme et de la christianophobie devraient aussi mériter votre attention immédiate, et devraient mériter une forte dénonciation. Cette dénonciation contre l’incitation des enfants à la haine raciale de manière systématique et soutenue par l’État devrait inclure une déclaration commune, comme vous l’avez fait pour le journal privé danois, par vous et le Rapporteur spécial des Nations Unies pour la liberté de religion.

Bien à vous,
Noémie Cournoyer

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lundi, août 04, 2008

 

Arabie Saoudite: Les travailleuses domestiques sont confrontées à de graves abus, par Francis Chartrand

L’Arabie Saoudite devrait mettre en œuvre des réformes judiciaires en matière de droit du travail, de l’immigration, et de justice pénale afin de protéger les travailleuses domestiques contre de sérieux abus des droits humains qui dans certains cas s’apparentent à de l’esclavage, a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport paru aujourd’hui. Les employeurs ne sont souvent pas punis après avoir commis des abus tels que des mois ou des années de salaires non payés, des séquestrations, et des violences physiques et sexuelles, alors que des travailleuses domestiques sont emprisonnées ou fouettées sur de fausses accusations de vol, d’adultère, ou de « sorcellerie ».



Le rapport de 133 pages, « As if I Am Not Human : Abuses against Domestic Workers in Saudi Arabia » (« Comme si je n’étais pas un être humain : Abus contre des travailleurs domestiques asiatiques en Arabie Saoudite »), conclut deux années de recherches et est fondé sur 142 interviews avec des travailleuses domestiques, des hauts fonctionnaires du gouvernement, ainsi que des recruteurs de main d’œuvre en Arabie Saoudite et dans les pays d’origine de la main d’œuvre.


“Dans les meilleurs des cas, les femmes migrantes en Arabie Saoudite bénéficient de bonnes conditions de travail et de bons employeurs, et dans les pires elles sont traitées comme des quasi-esclaves. La plupart se retrouvent à vivre entre ces deux situations”, a déclaré Nisha Varia, chercheuse senior à la division du Droit des Femmes à Human Rights Watch. “Le gouvernement saoudien devrait étendre les protections du droit du travail aux travailleurs domestiques et réformer le système de parrainage pour les visas afin que les femmes qui veulent à tout prix gagner de l’argent pour leurs familles n’aient pas à jouer avec leurs vies.”

Les ménages saoudiens emploient environ 1,5 million de travailleuses domestiques, essentiellement originaires d’Indonésie, du Sri Lanka, des Philippines et du Népal. Un nombre moins important est originaire d’autres pays d’Afrique et d’Asie. Alors qu’il n’existe pas de statistiques fiables sur le nombre exact de cas d’abus, le Ministère saoudien des affaires sociales et les ambassades des pays qui envoient la main d’œuvre accueillent chaque année des milliers de travailleuses domestiques porteuses de plaintes contres leurs employeurs ou contres leurs recruteurs.

Une charge de travail excessive et des salaires impayés, sur des périodes allant de quelques mois à 10 ans, sont parmi les plaintes les plus courantes. Le droit du travail du royaume exclut les travailleuses domestiques, leurs refusant des droits garantis aux autres travailleuses, tels qu’un jour de repos par semaine et le paiement des heures supplémentaires. Beaucoup de travailleuses domestiques doivent travailler 18 heures par jour, sept jours par semaine.

Le système restrictif du kafala (parrainage) lie les visas des travailleuses migrantes à leurs employeurs, et entraîne que les employeurs peuvent refuser aux travailleuses de changer de travail ou de quitter le pays. Human Rights Watch a interviewé des douzaines de femmes qui ont dit que leurs employeurs les ont forcées à travailler contre leur volonté durant des mois ou des années. Les employeurs confisquent souvent les passeports et enferment les travailleuses à la maison, ce qui accroît leur isolation et le risque d’abus psychologiques, physiques et sexuels. Après des entretiens avec 86 travailleuses domestiques, Human Rights Watch a conclu que 36 avaient subit des abus tels que le travail forcé, le trafic ou des conditions s’apparentant à de l’esclavage.

“Le gouvernement saoudien a quelques bonnes propositions de réformes mais a passé des années à les considérer sans jamais passer à l’action,” a déclaré Varia. “Il est temps à présent d’entreprendre ces changements, ce qui veut dire protéger les travailleuses domestiques en les incluant à la loi sur le travail de 2005 et changer le système du kafala afin que les visas des travailleuses ne soient plus liés à leurs employeurs”.

Le ministère saoudien des affaires sociales, en coopération avec la police dirige un refuge à Riyad pour aider les travailleuses domestiques à réclamer leur salaire et à rentrer chez elles. Cependant, dans de nombreux cas les employés du refuge ont négocié des arrangements injustes entre les employés et les travailleuses sur le règlement des salaires, laissant souvent les travailleuses les mains vides car elles ont dû renoncer au remboursement en échange de la permission de leur employeur de quitter le pays.

De piètres enquêtes et des poursuites pénales qui s’étalent souvent sur des années entraînent que les employeurs abusifs sont rarement punis par la justice pénale. Par exemple après trois années de poursuites, une cour de Riyad a abandonné les charges contre l’employeur de Nour Miyati, malgré la confession de l’employeur, des preuves médicales suffisantes et un examen public rigoureux. Nour Miyati, une travailleuse domestique indonésienne, a dû se faire amputer des doigts et des orteils après avoir été privée de nourriture et battue quotidiennement par ses employeurs.

Human Rights Watch a déclaré que au lieu de voir leurs tortionnaires devant la justice, il est plus probable que les travailleuses domestiques doivent faire face à des ripostes par des accusations de sorcellerie, de vol ou d’adultères. Et dans ces cas-là les travailleuses domestiques sont souvent confrontées à de lourds délais pour obtenir l’accès à des interprètes, à l’aide légale, à une assistance consulaire, ou se voient refuser de l’aide.

Les châtiments sont sévères. Dans un échantillon de cas étudiés par Human Rights Watch, les châtiments pour sorcellerie et crimes moraux comme l’adultère ou le fait de se trouver en présence d’hommes sans lien de parenté, entraînaient jusqu’à dix ans d’emprisonnement et entre 60 et 490 coups de fouets. Les travailleuses domestiques qui tombent enceintes à la suite d’un viol risquent aussi des poursuites si elles ne sont pas en mesure d’apporter de preuves irréfutables du viol.

“Beaucoup de femmes avec lesquelles j’ai parlé n’ont pas déposé de plaintes par peur de riposte par d’autres accusations”, a déclaré Varia. “Dans d’autres cas elles ont abandonné les charges contre leurs tortionnaires, même si elles avaient un bon dossier, car elles auraient été coincées dans des refuges bondés pendant des années, loin de leur famille, sans pouvoir travailler, et avec de très faibles chances d’obtenir enfin justice”.

Dans l’absence de mécanismes de redressement locaux efficaces, les missions étrangères d’Indonésie, du Sri Lanka, des Philippines, et du Népal jouent souvent un rôle décisif pour ce qui est de fournir des refuges, l’aide légale, et l’assistance à ceux qui ont des réclamations de salaires ou des procès. Les réclamations adressées à ces ambassades dépassent de loin leurs capacités et beaucoup de travailleuses domestiques se plaignent de longues périodes d’attente avec peu d’information sur leurs dossiers, et dans le cas de l’Indonésie et du Sri Lanka, de refuges surpeuplés et dans de mauvaises conditions d’hygiènes.

Human Rights Watch a exhorté l’Arabie Saoudite à enquêter sur les employeurs abusifs et à les punir, et à protéger les travailleuses domestiques des accusations illégitimes. Human Rights Watch a aussi exhorté l’Arabie Saoudite à coopérer plus efficacement avec les pays d’origine de la main d’œuvre pour surveiller les conditions d’emploi des travailleuses domestiques, faciliter les sauvetages, assurer le remboursement des salaires impayés, créer des refuges pour celles qui ont survécu aux abus avec des services de support complets, et organiser des rapatriements adéquats. Les gouvernements d’Arabie Saoudite et des pays dont est originaire la main d’œuvre devraient aussi établir des mécanismes pour vérifier rigoureusement et régulièrement les agences de main d’œuvre et les pratiques de recrutement.

Plus de 8 millions de migrants travaillent en Arabie Saoudite, représentant environ un tiers de sa population. Ils comblent des vides critiques dans le domaine de la santé, de la construction, et dans les secteurs de service domestique. Ils supportent aussi l’économie de leurs pays en y envoyant 15,6 billion US$ en 2006, approximativement 5 pourcent du produit intérieur brut de l’Arabie Saoudite.

Témoignages issus du rapport:

“Mon employeur ne m’a pas laissé rentrer en Indonésie pendant six ans et huit mois…. Je n’ai jamais reçu de salaire, même pas un riyal ... Mon employeuse ne s’est jamais mise en colère après moi, elle ne m’a jamais frappé. Mais elle m’interdisait de rentrer en Indonésie.”

– Siti Mujiati W., une travailleuse domestique Indonésienne, Jiddah, le 11 Décembre 2006

“Au bout d’un moment, l’employeur a commencé à montrer de l’affection pour moi. Il m’a fait venir dans sa chambre. Il a dit: ‘Je veux te raconter comment je t’ai eu a l’agence’. Il a dit: ‘Je t’ai ramené pour 10 000 riyals’…L’employeur m’a violé plusieurs fois…J’ai tout dit a madame…La famille entière, madame, l’employeur, ne voulaient pas que je parte. Ils ont fermé les portes et les portails a clefs. [Après s’être échappée et avoir attendu dans l’ambassade pendant 9 mois que le procès se termine], Je ne veux pas retourner à la maison en me sentant vide comme les autres…. Un jour, ils m’ont dit que le dossier échouait [et que j’allais être expulsée pour retourner à la maison.]”

– Haima G., travailleuse domestique philippine, Riyad, le 7 Décembre 2006

“Pendant un an et 5 mois je n’ai reçu aucun salaire. Si je réclamais l’argent ils me battaient, ou me coupaient avec un couteau, ou me brulaient. J’ai des marques sur le dos. J’avais mal partout. Ils prenaient ma tête et la cognaient contre le mur. Chaque fois que je réclamais mon salaire, il y avait un conflit.”

– Ponnamma S., une travailleuse domestique sri-lankaise, Riyad, le 14 Décembre 2006.

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